Rampage – hors de contrôle

mv5bnjuynzkynji5ov5bml5banbnxkftztgwmtk4ntkwntm-_v1_sy1000_sx750_al_Rampage Film catastrophe américain (2018) de Brad Peyton, avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Akerman, Jake Lacy, Joe Manganiello et Jeffrey Dean Morgan – 1h47

Victimes des retombées d’une expérience génétique qui a mal tourné, trois animaux deviennent gigantesques et très agressifs. L’un d’eux, le gorille albinos George, a été élevé par le primatologue David Okoye qui s’allie avec une généticienne pour empêcher les animaux géants de détruire Chicago…

The Rock. Voilà un nom qui résonne comme les Schwarzenegger et Stallone d’antan, filant cette tradition de l’acteur hors norme jusque dans un cinéma dévoré par les CGI. Voilà un nom qui rassemble à lui seul un budget de plusieurs millions de dollars avant même qu’une page d’un scénario, qui n’en comptera pas beaucoup de toute façon, ne soit écrite. Voilà un nom qui remplit les salles qu’avec la promesse de le voir dans une situation qui lui permettra de bander les muscles. Et voilà un nom pour lequel on a forcément de la sympathie, en souvenir de ces action heroes old school dont il est aujourd’hui le seul représentant (avec Jason Statham mais il joue quand même dans la catégorie en-dessous). Et avec The Rock, pas besoin d’extended universe – il en est un à lui seul – l’adaptation d’un jeu d’arcade des années 80 fera très bien l’affaire. La preuve avec ce Rampage dont on a confié la réalisation à son vieux copain Brad Peyton avec lequel il a fait un improbable crossover de Jules Verne (Voyage au centre de la Terre 2 : l’île mystérieuse, 2012) et détruit la moitié de la Californie (San Andreas, 2015).

Et Rampage est à ce jour le sommet de leur collaboration. Un sommet pas bien haut, certes, mais pas si facile à atteindre pour autant. Car dans un Hollywood où il est devenu presque impossible de se prétendre drôle sans être absolument cynique (Deadpool 2 nous l’a prouvé pas plus tard que cette semaine), où les majors vont jusqu’à nous vendre du nanar prémédité coûtant 200 millions de dollars (Kong : Skull Island pour rester dans le singe géant), l’ironie sincère et sans arrière pensée de Rampage en devient rafraîchissante. Lucide sur les limites de son pur divertissement, Brad Peyton trouve un juste équilibre entre le sens de l’autodérision nécessaire à l’adaptation d’un jeu dont les héros sont des animaux géants et la générosité de son spectacle fondé sur la destruction de métropole. Ainsi, le film ne se prend jamais pour plus intelligent qu’il n’est (il ne fait de doute à personne que le scénario est un prétexte au grossissement animal et à la destruction massive), pas plus que le spectateur ne rit à ses dépens. Non, Rampage n’est ni plus ni moins qu’un amusant véhicule à la mesure de Dwayne Johnson, généreux en punshlines et adapté au public familial du bonhomme, y jouant un protecteur du monde animal retrouvant peu à peu confiance en l’humanité (et au joli minois de Naomie Harris).

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David Okoye (Dwayne Johnson) au milieu des débris de Chicago mais pour sa défense, il n’a pas fait ça tout seul.

Et tout le monde s’amuse autour du catcheur, en particulier un Jeffrey Dean Morgan qui s’éclate en agent du gouvernement se la jouant cow-boy. Et le public aussi devant un film qui grossit tout à la loupe pour lui en foutre plein les mirettes. Non seulement les animaux, mais aussi les concepts improbables (Dwayne Johnson forme un duo de buddy movie avec son gorille presque aussi irrésistible que celui de Clint et Clyde dans Doux, dur et dingue), les mauvaises intentions des méchants capitalistes (et le sort jouissif qui leur est réservé), le duel David et Goliath du man vs wild (et là, le croco, il bouffe des avions furtifs sans ciller), etc. On est libre d’avoir les yeux plus gros que le ventre puisque le film les aura toujours plus que nous. Mon seul regret, hormis des effets spéciaux pas toujours convaincants, jouant à cache-cache avec la poussière des débris, c’est que j’aurais bien pousser le délire jusqu’à faire goûter au Rock l’agent pathogène pour devenir lui-même démesuré, d’autant que dans le jeu, les personnages étaient des humains mutant en animaux géants. Mais ça aurait peser sur le savant équilibre de Rampage qui, bien sûr, n’est pas du grand cinoche, mais qui vend très bien le pop-corn tout en nous faisant marrer de bon cœur.

BASTIEN MARIE


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