The Villainess

mv5bntk1m2i2otutndrlys00mgi5lwe5ndktzmq4yjrhoty1zmjjxkeyxkfqcgdeqxvyndcymjq4mzu-_v1_sy1000_cr006991000_al_악녀 Ak-Nyeo Film d’action coréen (2017) de Jung Byung-gil, avec Kim Ok-vin, Shin Ha-kyun, Sung Jun et Kim Seo-hyeong – 2h09

Témoin toute petite du meurtre de son père, Sook-hee est formée à être une tueuse à gages par son gangster de mari puis, après la mort de celui-ci, par une agence gouvernementale. Après une dizaine d’années de service, elle est rendue à sa liberté. Mais une série de révélations vont l’assoiffer de vengeance…

Après avoir débuté sa carrière avec un documentaire sur des équipes de cascadeurs (Action Boys, 2008), Jung Byung-gil a ensuite opté pour la fiction avec le thriller Confession of Murder (2012), un premier film dont il n’était pas tout à fait satisfait. C’est donc avec beaucoup plus d’assurance qu’il s’est lancé dans The Villainess, ambitieux film d’action, et ça a payé puisque le film fut cette fois sélectionné au festival de Cannes en séance de minuit. On y suit, dans le rôle d’une tueuse à gages surentraînée, Kim Ok-vin, l’actrice de Thirst, qui, lassée des manipulations qui ont conduit sa vie, décide de se la jouer Lady Vengeance, ce qui fait beaucoup de Park Chan-wook dans un seul pitch, non ? Jung Byung-gil préfère citer dans ses influences Nikita de Luc Besson pour sa volonté de féminiser le film d’action… ce qui n’est pas très bon signe.

Dès son ouverture, The Villainess ne convainc qu’à moitié. Ça commence sur une scène d’action en caméra subjective (ou FPS ou POV selon vos habitudes culturelles) dans laquelle Sook-hee, pas encore identifiée, décime une grosse bande de malfrats. L’idée est judicieuse de débuter le film par les actions d’une héroïne encore anonyme, signifiant d’emblée que son identité sera le principal enjeu du film. En revanche, visuellement, c’est assez laid : le combo fatal courte focale/shaky cam fait tourner de l’œil, et la performance chorégraphique des combats est entachée par le faux sang numérique qui asperge l’écran. Une intro m’as-tu-vu qui rappelle à notre bon souvenir la baston dans le couloir d’Old Boy mais sans la majesté de Park Chan-wook (toujours là, décidément).

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Attention, quand elle veut se venger, Sook-hee (Kim Ok-vin) en a sous le capot !

Ce déséquilibre entre la noble intention de The Villainess (le portrait d’une héroïne s’émancipant des rôles qu’on lui impose) et l’hystérie de son exécution (heureusement, ça s’adoucit par moment) perdure pendant tout le film. Entre la frénésie forcée des séquences d’action, le scénario décousu par ses incessants allers-retours chronologiques et ses personnages manquant de consistance (Kim Ok-vin n’a pas l’air plus motivée que ça), on a du mal à s’accrocher au film et à croire en ce qu’il raconte. Si le festival de Cannes ne s’était jusque là jamais trompé en sélectionnant du genre coréen, il s’est un peu fourvoyé avec un The Villainess très ordinaire. La Corée nous avait habitués à renouveler sans cesse les genres, pas à ressasser des motifs connus dans un récit plus simple qu’il n’y paraît. Finalement, ça ressemble bien à ce que pourrait faire un Besson coréen : plein d’action mais peu de substance.

BASTIEN MARIE


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