Taxi 5

2548759Film d’inaction français (2018) de Franck Gastambide, avec Franck Gastambide, Malik Bentalha, Bernard Farcy, Salvatore Esposito, Sabrina Ouazani, Edouard Montoute et Ramzy Bedia – 1h42

Muté contre son gré à la police municipale de Marseille, Sylvain Marot est chargé de l’affaire des italiens braquant des bijouteries à bord de Ferrari. Pour ce faire, il n’a pas d’autre choix que de collaborer avec Eddy Maklouf, le seul marseillais à pouvoir récupérer un certain taxi blanc…

Honnêtement, nous placions quelques espoirs en Taxi 5. Voir les auteurs du rigolo Pattaya reprendre le volant du taxi de Luc Besson était une tentative de reboot plutôt raisonnable. Et puis on a vu assez de bonnes franchises reprises par des réalisateurs médiocres pour ne pas être piqué de curiosité par l’inverse. Franck Gastambide a donc rameuté toute sa bande à Marseille, s’est gardé le rôle du super-flic au volant du taxi face à une mafia menée par un acteur de la série Gomorra, et surtout toujours pas de nouvelles de Sami Naceri, de son faux permis de conduire, de son planning de gardes à vue et de ses innombrables nouvelles chances. Et avec un Luc Besson trop occupé à colmater les fuites d’Europacorp (qui s’est donc associée à ARP pour ce film), on se disait que tous les feux étaient au vert pour Taxi 5. Et puis on s’assoit dans la salle, le générique commence et le nom de Luc Besson y revient un peu trop souvent pour notre propre bien.

Il ne faut donc pas bien longtemps (pour ma part, à la scène de la mutation professionnelle à la Bienvenue chez les Chtis) pour comprendre que quelque chose cloche sous le capot de Taxi 5. Avant même qu’on s’en rende compte, nous revoilà pris dans le brassage d’air propre à la franchise, se propageant dans un scénario de timbre poste et des séquences d’action ineptes et très mal montées. Il ne reste plus qu’une apparition de Ramzy Bedia et le one-man-show de Malik Bentalha (pas énervant du tout vu la médiocrité du reste) pour que Gastambide ramène un peu de lui dans un Taxi 5 aussi interchangeable que les précédents et aussi peu mémorable qu’un reboot du Transporteur (si, si, souvenez-vous, y en a eu un y a trois ans). Le reste du temps, le réalisateur de Pattaya, avec une résignation qui se devine presque dans son interprétation mollassonne, doit composer avec un « héritage » si futile (il n’y a qu’à voir le monologue d’Edouard Montoute récapitulant les épisodes précédents ou le retour tout à fait dispensable de Bernard Farcy pour s’en convaincre) que ça ne débouche que sur une vacuité désarmante.

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Pour faire bonne figure, Franck Gastambide pose devant le carnage…

Pour Luc Besson, la nouveauté revient donc à reprendre les vieux ingrédients périmés dans une recette qui n’a pas bougé en vingt ans. Et nous qui espérions que les retombées de Valérian allaient trop l’occuper pour mettre son nez dans Taxi 5. Mais non, il s’obstine à réduire la créativité au strict minimum. Alors qu’il aurait dû de toute évidence se satisfaire de l’aubaine de voir Franck Gastambide se pointer. Ce n’est pas comme s’il avait prévu de rebooter la série de son côté, en tous cas pas avec Naceri, Diefenthal ou Cotillard, et quand bien même, il aurait pu difficilement espérer mieux que Gastambide pour s’en charger. Mais l’interventionnisme reste sa plus grande spécialité et ce n’est pas encore aujourd’hui que nous aurons un Taxi rigolo et regardable.

BASTIEN MARIE


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