Les Affamés

mv5bmtdlmtnmzjutntdmnc00zmnhlwfin2qtnju2ztfkzdq4nje2xkeyxkfqcgdeqxvymte5mza5oa-_v1_sy1000_cr006661000_al_Film d’horreur canadien (2017) de Robin Aubert, avec Marc-André Grondin, Monia Chokri, Charlotte St-Martin, Micheline Lanctôt, Marie-Ginette Guay et Brigitte Poupart – 1h40

Dans une région forestière du Québec, un groupe de personnes s’assemblent pour résister à une invasion de zombies…

Pour son cinquième long-métrage, le réalisateur québécois Robin Aubert se lance dans le film de zombies avec Les Affamés. Oui, oui, vous avez bien lu, un film de zombies québécois ! Ça a tellement mis tout le monde sur le cul que le film a remporté le prix du meilleur film canadien au festival de Toronto et le prix du jury à Gérardmer. Un beau parcours qui se conclut chez nous sur Netflix, où le film est disponible depuis le 2 mars. Si on regrette naturellement que le film ne sorte pas dans les salles (où il n’aurait de toute façon eu aucune chance de survie), on ne va pas se plaindre non plus que la plateforme, pour répondre à la polémique qui fait d’elle une tueuse des cinémas, se jette sur ce genre de curiosités filmiques.

Robin Aubert connaît très bien le cinéma de George A. Romero (il le remercie avec papa et maman !) et, lucide, sait bien que le film de zombies n’est plus à réinventer depuis bien longtemps. Les Affamés opte donc pour un récit erratique de rigueur qui a ses qualités et ses inconvénients. Pour ces derniers, le rythme lent peut en déconcerter plus d’un et le film se montre un peu trop évasif sur certains aspects, notamment sur l’organisation des morts-vivants quand ils empilent çà et là de vieux meubles. On devine que l’invasion touche à sa fin et que les zombies sont motivés par autre chose que leur faim, et ça pourrait bien avoir un rapport avec Zombie et le fait que les morts-vivants reproduisent maladroitement des habitudes de leur vivant. C’est quand même dommage qu’Aubert n’ait pas osé nous en dire plus…

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Bonin (Marc-André Grondin) guette la présence d’affamés. Mais sinon, d’habitude, je vous jure que c’est un gros blagueur. 

En revanche, Les Affamés se montre aussi insolite et, en se conformant au récit de survie classique, Aubert trouve paradoxalement la place d’y insuffler quelques originalités. Premièrement, l’humour qui a le don de joliment contraster avec le désespoir ambiant, à travers le personnage du militaire s’amusant à faire peur aux autres personnages comme un gosse (tous les jump scares sont pour lui, du coup) ou le personnage de Marc-André Grondin s’accrochant à ses blagues vaseuses comme une dernière marque de son humanité. L’ensemble des acteurs est d’ailleurs très bon pour clairsemer cette humanité quand ils ne ressemblent pas le reste du temps aux zombies qu’ils fuient. Et puis Robin Aubert a une expérience évidente de la mise en scène et son sens du cadre et de l’espace permet d’emballer quelques séquences vraiment haletantes, encore améliorées par les hurlements glaçants des affamés. Que ce soit Grondin faisant face à un bois obscur hanté par le bruit crescendo de ses pièges ou Monia Chokri voulant se cacher d’un affamé dans les profondeurs des hautes herbes, Aubert tire parti de la moindre parcelle de son décor forestier pour y faire germer l’angoisse. Vous l’aurez compris, Les Affamés ne compte pas que sur l’accent québécois pour égayer le film de zombies et son humble participation au genre offre quelques images qui nous marqueront à coup sûr.

BASTIEN MARIE


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