Le Secret des Marrowbone

mv5bmza5ndm1mjmznl5bml5banbnxkftztgwnduymta4ndm-_v1_sy1000_cr006651000_al_Marrowbone Thriller espagnol (2017) de Sergio G. Sanchez, avec George MacKay, Anya Taylor-Joy, Charlie Heaton, Mia Goth, Matthew Stagg et Kyle Soller – 1h47

Dans les années 60, les britanniques Marrowbone s’installent aux Etats-Unis pour échapper à un père violent. Mais leur mère décède et les quatre enfants, pour ne pas être séparés, décident d’attendre la majorité de l’aîné Jack pour le révéler au monde extérieur. Un secret difficile à garder, surtout qu’une présence maléfique hante la ferme familiale isolée…

En 2007, Sergio G. Sanchez écrit le scénario de L’Orphelinat avec le projet de le réaliser lui-même. Mais les producteurs lui préféreront Juan Antonio Bayona. La collaboration entre les deux hommes se passent à merveille, Sanchez écrira pour lui le scénario de The Impossible, et voilà que dix ans plus tard, Bayona lui renvoie l’ascenseur en produisant son premier film, Le Secret des Marrowbone. Bien qu’il se déroule aux Etats-Unis, le film est bien espagnol, produit pour 8 millions d’euros et tourné en Catalogne. Au casting, Sanchez recrute de jeunes acteurs talentueux dont certains ne nous sont pas inconnus : George MacKay jouait le fils aîné de Viggo Mortensen dans Captain Fantastic et Anya Taylor-Joy confirme son rang de princesse de l’horreur après The Witch et Split.

Bien que tourné par deux réalisateurs différents, on reconnaît bien la plume de L’Orphelinat derrière Le Secret des Marrowbone. Au-delà des thèmes communs (l’enfance, la maison hantée, le deuil), c’est aussi la solidité du scénario qui fait le lien. Bien que le récit accuse quelques accrocs (comme cette très étrange ellipse au début du film), il fonctionne globalement très bien et nous tient en haleine jusqu’à l’inévitable twist, très cohérent avec ce qui a précédé. Il dissémine aussi quelques jolis éléments liants l’argument fantastique avec les thèmes abordés, comme ces nombreux miroirs dans lesquels les enfants craignent de voir sortir le fantôme du père mais aussi les troubles qu’il leur a légués. On sent l’expérience engrangée par Sanchez durant toutes ces années où il n’était « que » scénariste.

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Jack (George MacKay) et Allie (Anya Taylor-Joy) se permettent un peu de romance au milieu de la flippe.

Cependant, il se repose un peu trop sur ses aptitudes de scénariste et sa mise en scène, si elle n’est pas non plus dénuée de qualités (je pourrais citer deux, trois plans inspirés, mais leur contenu en révélerait trop sur l’intrigue), n’est pas aussi assurée que celle du jeune Bayona sur L’Orphelinat. Dans Le Secret des Marrowbone, la caméra se règle essentiellement sur la mécanique du scénario et reproduit une photographie qui n’a guère évolué en une dizaine d’années de fantastique espagnol. La facture assez sage du film peut donc lasser sur les bords. Heureusement, au milieu, il reste les acteurs et ils apportent beaucoup. Mené par un MacKay sensible et une Taylor-Joy rayonnante, le casting fait de l’empathie l’un des points forts du Secret des Marrowbone. L’attachement qu’on porte aux personnages n’est pas seulement dû aux épreuves qu’ils traversent. Si Sanchez se conforte aux habitudes du fantastique de son pays, son film est au moins dépourvu de tout cynisme, chose assez rare dans le genre pour qu’on lui pardonne ses quelques erreurs de débutant.

BASTIEN MARIE


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