The Cloverfield Paradox

mv5bywezmte4mjitztdmnc00odaylwjmzgitmzzjzjbjzwuzmjllxkeyxkfqcgdeqxvymji1nta1nzy-_v1_Film de science-fiction américain (2018) de Julius Onah, avec Gugu Mbatha-Raw, Daniel Brühl, David Oyelowo, John Ortiz, Chris O’Dowd, Aksel Hennie, Zhang Ziyi, Elizabeth Debicki et Roger Davies – 1h42

En orbite autour d’une Terre en proie à une crise énergétique provoquant une nouvelle guerre mondiale, une équipe internationale d’astronautes teste un accélérateur de particules censé solutionner le problème. Mais quand la machine fonctionne enfin, elle les envoie dans une sombre réalité parallèle…

Troisième volet de l’anthologie de science-fiction chapeautée par J.J. Abrams, The Cloverfield Paradox fut développé sous le titre God Particle comme un projet original avant que Paramount et Bad Robot ne mettent la main dessus et exigent des réécritures pour le faire coller à l’univers Cloverfield. Confié au réalisateur nigérian Julius Onah, dont c’est le second long-métrage, avec un solide casting international et un budget modeste de 26 millions de dollars, The Cloverfield Paradox fut produit dans le plus grand secret, ne dévoilant qu’une bande-annonce pendant le Superbowl le soir même de sa sortie sur Netflix ! Et oui car entre-temps, jugeant qu’une sortie ciné n’était pas nécessaire, Paramount a revendu le bousin à Netflix, une première pour une major qui en a pris l’habitude car elle a malheureusement recommencé avec Annihilation d’Alex Garland avec Natalie Portman. Si pour ce dernier le studio a prétexté que le film était trop complexe pour le grand public (merci, c’est super sympa !), je pense en revanche qu’en ce qui concerne The Cloverfield Paradox, la Paramount a surtout eu peur de passer pour des branques !

Le film partait pourtant d’un concept alléchant dans lequel il se lance d’emblée avec conviction : celui des univers parallèles et réalités alternatives. Malheureusement, ce concept semble surtout faire penser aux scénaristes que toutes les portes sont ouvertes, que tout est possible, même le plus absurde. Ainsi, si The Cloverfield Paradox commence par asséner des images gentiment perturbantes, comme la belle Elizabeth Debicki fusionnée avec les circuits électriques du vaisseau, le film s’effiloche si vite que les événements finissent par devenir inconséquents, comme le bras coupé de Chris O’Dowd utilisé comme un vulgaire gag. Plus les alternances s’accumulent, moins on y croit, le film ayant une telle peur du vide intersidéral qu’il le comble par un chaos rébarbatif et irritant.

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Tam (Zhang Ziyi) et Schmidt (Daniel Brühl) font semblant de bosser en appuyant sur des boutons au hasard.

On le sait, l’écurie de scénaristes de J.J. Abrams a une fâcheuse tendance à accumuler les mystères jusqu’à rendre toute tentative d’explication hautement improbable (le réalisateur de Super 8 prétend connaître le lien entre tous les films Cloverfield ; mon oeil !), et je pense que la greffe de l’anthologie sur ce petit scénar original et indépendant est le principal problème (et encore, les producteurs ont peut-être aussi usé de leurs ciseaux…). Car tandis que des enjeux assez intéressants, comme la répercussion de la guerre terrestre sur l’équipage du vaisseau par exemple, restent lettre morte, d’autres pas intéressants du tout prennent trop de place, comme les aventures du boyfriend Roger Davies resté sur Terre, voulant nous faire croire à une fausse porosité de l’action. Tiraillée entre le squelette du projet initial et les ajouts inopinés, l’héroïne en prend pour son grade et s’accroche à un dilemme dont on se fout royalement. Le reste du casting, pourtant prestigieux, se résigne à ne rien jouer (mention spéciale à John Ortiz, condamné à rester impassible) tandis que le réalisateur Julius Onah, pour se tirer du sac du nœuds, opte pour une mise en scène complètement anonyme, sans même plagier Alien convenablement. Si le sympa 10 Cloverfield Lane nous avait intrigué sur le potentiel de l’anthologie, celle-ci est immédiatement pulvérisée par The Cloverfield Paradox, naufrage interstellaire se concluant par un gros cheveu sur la soupe dont je vous laisse la primeur.

BASTIEN MARIE


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