Pacific Rim

mv5bmje4nzixodg2mf5bml5banbnxkftztcwntyynjq4oa-_v1_sy1000_cr006761000_al_Film de science-fiction américain (2013) de Guillermo Del Toro, avec Charlie Hunnam, Idris Elba, Rinko Kikuchi, Charlie Day, Burn Gorman, Max Martini, Robert Kazinsky, Clifton Collins Jr et Ron Perlman – 2h11

Pour lutter contre des monstres gigantesques surgis d’une faille au fond de l’Océan Pacifique, les hommes ont créé des robots titanesques. Après douze années de guerre, le pilote Raleigh Becket, qui a perdu son frère dans une bataille, est rappelé par le général Stacker Pentecost pour faire partie d’une ultime opération pour stopper l’apocalypse…

L’autre soir, les Super Marie étaient au Lux pour passer une nuit Guillermo Del Toro. Si l’un a pu découvrir La Forme de l’eau, projeté en premier, l’autre a dû terminer son service dans un cinéma qui ne passe aucun concurrent aux Oscars faute de place laissée par les comédies franchouillardes et a rejoint la nuit en cours. Mais tandis que l’autre Super Marie s’est rafraîchi la mémoire sur Hellboy 2 avant la tant non-attendue suite avec David Harbour, j’ai quand même eu le temps de revoir Pacific Rim en salle et de vous en toucher deux mots avant la tant non-attendue suite déboulant dans quelques semaines. Décidément, même sur des séries de films dont on le dépossède, Guillermo est partout !

Du coup, je n’ai rien appris de nouveau au Lux cette nuit-là, puisque Pacific Rim est toujours un modèle d’écriture et de mise en scène d’un blockbuster défonçant tout sur un grand écran toujours trop petit. Film original attisant les flammes d’un pur fantasme geek plutôt que remake reproduisant anonymement des formules toutes faites, Pacific Rim ne se repose pas non plus sur son aspect régressif et enfantin pour faire le boulot par-dessus la jambe. En témoigne l’intro encore électrisante et essentielle où Guillermo Del Toro résume plusieurs années d’une guerre titanesque en quelques minutes pour choper le spectateur par le colback et l’entraîner sans crier gare dans son univers fantastique et gigantesque. Une intro à l’image de la simplicité et l’efficacité que Guillermo vise sur l’ensemble du film : il sait qu’on est venu – et revenu – pour voir des robots géants se foutre sur la gueule avec des monstres géants, alors ne perdons pas notre temps avec des monologues inutiles voulant faire croire à une vaine complexité là où le manichéisme de base s’impose et nous va très bien. Et pour autant, le réalisateur n’expédie rien et trouve toujours la juste mesure : les personnages sont archétypaux mais assez bien incarnés pour qu’on s’attache profondément à eux ; les seconds rôles rigolos font avancer l’histoire ; la technologie des Jaegers et la biologie des Kaijus, tous très bien identifiés, sont assez précisément développés pour qu’ils nous fascinent et pas trop pour ne pas empiéter sur la baston, etc. La plus brillante occurrence de cette écriture parfaitement équilibrée, ce sont les traumas de Raleigh et Mako : nous marquant au fer rouge, ils nous sont exposés dans des séquences qui nous terrassent autant par leur drame intime que par leur gigantisme guerrier, Pacific Rim saisissant mieux que quiconque ce vertigineux écart d’échelles.

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Gipsy Danger, piloté par Raleigh et Mako, prêt à aller botter des culs lovecraftiens !

 

L’échelle et les proportions, c’est d’ailleurs ce qui régit la mise en scène tout aussi appliquée de Guillermo Del Toro, Pacific Rim renouvelant à chaque vision l’ébahissement face à la taille monstrueuse du spectacle. Dans son format 1.85 de rigueur (impossible de toucher les cieux en Scope), le film s’ingénie à signifier constamment la taille colossale des robots et des monstres en ne les captant jamais dans leur ensemble. Avec une foi inébranlable dans le pouvoir et la suprématie de l’image de cinéma (combien de réalisateurs opportunistes auraient saucissonner le film d’images de télé ou de vidéos internet ?), Guillermo met en scène des combats extraordinaires, d’une lisibilité de chaque instant, d’une folie technique inouïe (un combat la nuit sous la pluie, ça fait s’arracher les cheveux des animateurs mais ça paye à tous les coups) mais surtout d’une énergie très communicative, le réalisateur tenant à prêter ses jouets. Bref, la démesure experte de Pacific Rim n’a d’égal que le bonheur de gosse qu’il donne au spectateur et si un quelconque imbécile vient encore vous dire que c’est à peine mieux qu’un Transformers ou que ça plagie les kaiju eiga et les animes steampunk japonais, dites-lui de ma part que Guillermo conchie le premier et admire les seconds de manière bien trop évidente pour faire la fine bouche face à la super-production la plus réussie de sa carrière… et de ces dernières années.

BASTIEN MARIE


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