Les Bêtes féroces attaquent

mv5bymqwndg3mmytogi4ns00ntk5lwfiyjytymfkywixnde0mtewxkeyxkfqcgdeqxvymzmwmji2na-_v1_sy1000_sx750_al_Belve feroci Film d’horreur italien (1984) de Franco Prosperi, avec John Aldrich, Lorraine De Selle, Ugo Bologna et Louisa Lloyd – 1h27

A Francfort, l’eau est contaminée par la drogue et les animaux du zoo qui la boivent deviennent fous et s’échappent pour mettre la ville à feu et à sang…

Attention, cette bafouille révèle la fin du film ! Merci de votre compréhension.

Après avoir prospéré dans le genre « mondo », documentaires ritals sensationnalistes avec des images aux origines incertaines, Franco Prosperi signe sa première et unique réalisation avec Les Bêtes féroces attaquent, un film de terreur animale donc, inspiré par un événement s’étant déroulé au Congo, et peut-être aussi par Roar (1981) de Noel Marshall, ressorti au cinéma récemment et qui envoyait Tippi Hedren et Melanie Griffith au milieu de fauves indomptés ! Quoiqu’il en soit, doté d’un budget de 4 millions de dollars (dans le bis italien, une fortune), Prosperi a tourné son film entre Johannesburg (qu’il a dû quitter à cause de la réputation sulfureuse de ses précédentes productions) et Francfort où se déroule l’action, en passant par Rome le temps d’une séquence dans le métro qui a viré à la panique quand le tigre s’est réellement échappé ! Heureusement, le héros du film, le bellâtre moustachu répondant au doux pseudonyme de John Aldrich, a été engagé non pas pour ses talents d’acteur débutant mais pour son passif de dompteur de cirque… ce qui ne l’a pas empêché de manquer d’être décapité par un ours blanc !

Le plus drôle, c’est que la séquence en question où Aldrich a failli perdre la tête arrive vers la fin du film, quand les animaux se sont enfin calmés et que le héros s’approche sans crainte de l’ours blanc pour montrer qu’il est inoffensif ! C’est dire si Les Bêtes féroces attaquent réserve quelques séquences d’attaques animales assez impressionnantes. Une horde de rats envahissant la voiture d’un couple d’amoureux pour grignoter la poitrine de mademoiselle, un troupeau d’éléphants déboulant sur une piste d’atterrissage et faisant se crasher un avion, un tigre semant la panique dans une rame de métro (dans la fiction comme dans la réalité donc), et surtout un guépard coursant une voiture en plein centre-ville sur du rock italien : voici quelques morceaux de bravoure que nous concocte Prosperi, certes en les filmant comme il peut (ces séquences sont souvent très sombres à cause de l’urgence du tournage) mais sans manquer de les assaisonner d’effets gores bienvenus. Jusqu’à un final assez glaçant, rappelant Les Révoltés de l’an 2000, où ce sont les enfants qui finissent contaminés, fous et tueurs psychopathes.

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Rupert Berner (John Aldrich) fait la paix avec son ours blanc. En revanche, les relations en coulisses étaient tendues, à tel point que l’un faillit arracher la tête de l’autre !

Pour donner corps à ces visions de jungle urbaine littérale, Prosperi a en revanche pondu un scénario poussif de conte écolo. Il a l’air très attaché à montrer des innocents payer pour les péchés de ces adultes junkies irresponsables qui ont pollué l’eau de la ville, mais ce prétexte scénaristique ouvre bientôt la porte à un discours très conservateur qui sale bien cette bande d’exploitation. Ainsi, quand les animaux ne sont pas à l’écran, Prosperi se lâche dans les scènes de dialogues sur sa vision frondeuse de la société : le tout petit rôle que la femme y joue, le rejet du progrès technologique, la nullité des petits employés, les enfants livrés à eux-mêmes, etc. Et notre héros moustachu, vétérinaire émerveillé par la sauvagerie de ses animaux, aussi misogyne que misanthrope, ne se fait pas prier pour porter le flambeau de ce brûlot un brin réac. Mais c’est là aussi le charme de cette bisserie italienne, quand le sensationnalisme des scènes d’attaques animales se mêle à des opinions tout aussi douteuses, faisant des Bêtes féroces attaquent, bon ou mauvais, visionnaire ou nauséabond, un film au moins mémorable.

BASTIEN MARIE


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