Black Panther

mv5bmtg1mty2mjyznv5bml5banbnxkftztgwmtc4ntmwndi-_v1_sy1000_cr006741000_al_Film de super-héros américain (2018) de Ryan Coogler, avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Martin Freeman, Daniel Kaluuya, Letitia Wright, Winston Duke, Sterling K. Brown, Angela Bassett, Forest Whitaker et Andy Serkis – 2h14

Après la mort de son père, T’Challa aka Black Panther devient roi du Wakanda, nation secrète d’Afrique dotée d’une technologie de pointe. Mais son couronnement est contesté par Erik Killmonger, un exilé du Wakanda…

Quand Marvel veut promouvoir son nouveau héros Black Panther (créé en même temps que le parti révolutionnaire dans les années 60, mais Stan Lee assure que ce n’est qu’une coïncidence), ils voudraient nous faire croire que le roi du Wakanda est le premier super-héros noir du cinéma. Même s’il faut nous faire oublier que Wesley Snipes a joué Blade, que Will Smith a joué dans Hancock, que Halle Berry a joué Catwoman et Tornade, que Michael Jai White a joué dans Spawn et surtout, que Shaquille O’Neal a joué dans Justicier d’acier. Dire que Black Panther est le premier super-héros originaire d’Afrique serait beaucoup plus juste mais dans tous les cas, Marvel tient son film de la diversité si cher à Hollywood, au casting presque entièrement afro-américain. On a confié la réalisation de Black Panther à Ryan Coogler dont le premier film, Fruitvale Station, résonnait avec le mouvement Black Lives Matter, avant d’adapter brillamment le modèle des Rocky à un héros noir avec Creed. Coogler était donc le choix qui s’imposait et le réalisateur amène avec lui son acteur fétiche Michael B. Jordan (qui, lui, a joué la Torche humaine) pour incarner le méchant Erik Killmonger.

Parlons-en d’ailleurs du méchant car il est indéniablement l’élément le plus réussi de Black Panther. Au point qu’on a souvent dit que Jordan volait la vedette à Chadwick Boseman ; les deux acteurs sont aussi charismatiques l’un que l’autre, mais le méchant semble effectivement intéresser bien plus Coogler. Et pour cause car le réalisateur n’a pas peur d’évoquer métaphoriquement le duel Martin Luther King/Malcolm X à travers celui entre T’Challa et Killmonger, prétendant tous deux au trône du Wakanda pour définir la mission du pays, entre conserver le secret d’une nation cachée du monde par peur de convoitise ou d’exploitation, ou au contraire ouvrir sa technologie, si possible au service des populations noires opprimées à travers le monde. Qu’un film Marvel soit ainsi animé par une telle dualité idéologique très ambivalente (ou même qu’il raconte une histoire, tout simplement) est assez rare pour être souligné, et ça faisait bien longtemps qu’un super-héros n’avait pas été confronté à un super-méchant se hissant à sa hauteur.

mv5bmtuyodawnzaymv5bml5banbnxkftztgwmjayntq5mji-_v1_sx1777_cr001777937_al_
Black Panther (Chadwick Boseman) tout en griffes et en collants pour défendre le Wakanda.

Cependant, l’intérêt de Black Panther s’arrête là et c’est une mince récompense au sein de la bouillie visuelle habituelle et ennuyante, à peine égayée par quelques séquences d’action automatiques et mal shootées. Passionné par le duel entre ses deux protagonistes, entourés par un casting motivé faisant aussi la part belle aux femmes, Coogler est en revanche le reste du temps résigné à offrir une alternance au système Marvel verrouillé et ronronnant (ce qui est encore plus gênant quand le héros est une panthère), et se retrouve clairement handicapé après la réussite de Creed. Si Black Panther se révèle vaguement exotique par ses costumes et son score musical, il survole largement la culture afro-futuriste annoncée dans la promo et échoue considérablement à nous intéresser au Wakanda. Au-delà des discours de T’Challa et Killmonger, le mystérieux pays africain peine à exister visuellement, ne ressemble qu’à un QG high-tech comme un autre et n’a aucune sorte de lien avec le monde réel, exposé tout à fait indifféremment par des excursions au Nigeria, à Busan, à Londres ou à Oakland. Black Panther ne fonctionne donc qu’en vase clos, déjà bien conformé à la centrifugeuse Marvel, déployant un minuscule univers destiné à ne pas dépareiller pendant son quart d’heure de gloire dans l’imminent Avengers : Infinity War

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s