Banco à Bangkok pour OSS 117

téléchargement (14)Film d’espionnage français (1964) d’André Hunebelle, avec Kerwin Mathews, Pier Angeli, Robert Hossein, Akom Mokranond – 1h54

A Bangkok, un agent américain est abattu froidement en pleine rue. Notre cher Hubert Bonisseur de la Bath est envoyé en Thaïlande pour suivre sa piste laissée vacante : une épidémie de peste aux origines aussi mystérieuses que malveillantes…

Avec la même régularité stakhanoviste que son confrère britannique (qui brillait six mois avant dans le flamboyant Goldfinger), OSS est de retour à peine un an après s’être déchaîné en Corse. André Hunebelle emmène cette fois-ci l’espion créé par Jean Bruce à l’autre bout du monde pour une aventure encore plus exotique. Kerwin Mathews rempile également (doublé par Jean-Paul Duclos qui prêtait aussi sa voix à Sean Connery pour les Bond). Si l’acteur américain apparaît ici encore plus décontracté (l’effet Bangkok ?), le passage à la couleur semble en revanche lui donner un petit coup de vieux. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Hubert Bonisseur de la Bath n’a rien du gros dégueulasse venu en Thaïlande faire du tourisme sexuel : il bosse le mec ! Aussi, son enquête le conduit à séduire, non pas un ladyboy mineur, mais Lynn (incarné par Pier Angeli, la Theresa de Fred Zimmermann), sœur de l’intriguant et donc suspect Dr Sinn. Dans le rôle de ce médecin psycholo-mystico-hypnotiseur, on retrouve un Robert Hossein tout enturbanné qui s’impose en toute logique en super vilain de choix pour notre OSS. En bon occidental en vadrouille, Hubert pourra compter sur un sympathique et loyal autochtone, Sonsak, au doublage forcément caractéristique. Rien de particulièrement scandaleux en soit, c’est comme-qui-dirait d’époque et ça donnera du grain à moudre pour l’adaptation de Michel Hazanavicius et Jean-François Halin (d’autant qu’un ancien nazi exilé est aussi de la partie…).

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Ça tatane en Thaïlande pour OSS 117 !

Si le film gagne donc en exotisme par la délocalisation du tournage et l’emploi de la couleur, Banco à Bangkok pour OSS 117 est également mieux rythmé que le premier volet. Ainsi, les scènes d’actions ne se limitent pas à des bastons de chambre, même si André Hunebelle ne fait pas l’impasse sur le bon vieil amant du placard revu et corrigé façon espionnage. Asie oblige, la confrontation se teinte légèrement de karaté tandis que l’assaillant, plutôt que de se soumettre au valeureux Hubert, fini par se jeter par la fenêtre (c’est pas thaïlandais les kamikazes ???). Vous aurez également droit à de la poursuite en bateaux, à du gunfight et à des explosions multiples en guise de bouquet final. Bon, c’est pas Uncharted, mais pour du cinéma de genre français des 60’s (et postérieur…), c’est quand même bien généreux. Aussi, l’intrigue, sans révolutionner le genre (au contraire !), est plus prenante que celle de son prédécesseur. Son super méchant, à la fois industriel pharmaceutique et leader d’une secte, cadre ainsi bien mieux la menace que l’obscure association d’espion du premier volet et son plan machiavélique, véritable attaque bactériologique, apparaît encore aujourd’hui d’une grande modernité.

Libérant enfin le potentiel pop de son personnage, ce Banco à Bangkok pour OSS 117 est donc un film qui devrait réjouir les amateurs du genre autant qu’il rebutera les autres spectateurs qui pourront peut-être y trouver malgré tout de quoi s’amuser… Et puis merde, sinon, pour ceux qui ferait quand même la fine bouche, en 1964, y’a eu aussi Docteur Folamour ou Les Barbouzes.

CLÉMENT MARIE


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