OSS 117 se déchaîne

18460669Film d’espionnage français (1963) d’André Hunebelle, avec Kerwin Mathews, Nadia Sanders, Henri-Jacques Huet, Irina Demick, Daniel Emilfork – 1h50

A Bonifacio, un agent américain meurt lors d’un « accident » de plongée. Notre cher Hubert Bonisseur de la Bath est envoyé en Corse pour suivre cette piste laissée vacante et ainsi stopper l’installation d’un système de détection sous-marin qui mettrait à mal notre sacro-saint arsenal nucléaire. Pas des vacances, mais presque, pour OSS 117…
Sorti à peine six mois après Dr No, OSS se déchaîne inaugure la série produite par la Gaumont qui compte bien, sinon rivaliser avec le succès de James Bond, au moins profiter de l’engouement qu’il suscite. Le studio fait appel à André Hunebelle, cinéaste très populaire à l’époque puisqu’il vient de réaliser Le Bossu et Le Capitan, tous deux avec Jean Marais qu’il retrouvera plus tard pour les Fantomas (qui se « déchaînera » d’ailleurs aussi sous la houlette d’Hunebelle en 1965). Kerwin Mathews, héros culte du Septième voyage de Sinbad « de » Ray Harryhausen, prête quand à lui, sans trop se forcer, sa décontraction et son minois de Ryan Reynolds des 60’s au célèbre agent secret américain (aux origines françaises pour les chauvins du fond !).

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Le fringant Kerwin Mathews, premier OSS estampillé Gaumont, a vite pigé la pose de base du bon agent secret !

Après un petit topo sur la guerre froide et le péril atomique puis un générique aquatique sur un insolite morceau yéyé vantant les talents de danseur, entre autres, de notre cher OSS, nous voilà donc plongés en Corse. Dès les premières images, on regrette que le noir et blanc ne rendent pas vraiment justice aux quelques magnifiques prises de vue de l’île de beauté. Qu’importe, le reste du film se passera principalement en intérieur. Bon, dis comme ça, c’est déjà moins exotique que Dr No et la Gaumont ne s’y trompera pas en passant à la couleur dès l’épisode suivant. Malheureusement, l’intrigue, cousue de fil plus blanc que blanc, n’est pas plus attrayante. Comme nous, ce bon vieux Hubert semble plus intéressé par la ravissante Nadia Sanders que par son enquête. Celle-ci suffit néanmoins à justifier quelques scènes de baston où Hubert nous montre que, plus que dans la danse, c’est bien pour la bonne vieille lutte et la destruction de mobilier qu’il a le plus de talents. Aussi, parmi les sympathiques séquences de plongée, un affrontement sous-marin s’impose comme le clou du spectacle. Le tout nous conduit bien sûr dans la grotte secrète des méchants, un obscur groupe d’espions très certainement à la solde des soviétiques mais bon, le but n’est pas ici de nous embrouiller avec le moindre détail géopolitique. Avant de conclure l’affaire sur une explosion et un clin d’œil roublard de l’impayable OSS, l’agent secret se réserve un dernier affrontement avec le sbire le plus tenace de l’organisation, forcément incarné par un acteur fort en gueule, ici Daniel Emilfork (La Cité des enfants perdus).
OSS 117 se déchaîne, c’est un peu comme lire un roman de gare qui sent le vieux en écoutant de l’easy listening : en journée, ça détend et à 3h du mat’, ça peut aider à s’endormir. Qui oserait dire qu’il en attendait vraiment plus d’un OSS 117 ? Bon, c’est vrai, le terme déchaîné était peu être un peu fort…

CLÉMENT MARIE


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