Le Silencieux

Le silencieux
1973
rŽal : Claude Pinoteau

Collection ChristophelFilm d’espionnage français, italien (1973) de Claude Pinoteau, avec Lino Ventura, Suzanne Flon, Lea Massari, Robert Hardy et Leo Genn – 1h57

Lors d’un congrès sur le nucléaire à Londres, le physicien soviétique Anton Haliakov est enlevé par le MI5. En réalité, Haliakov est Clément Tibère, un chercheur français enlevé par le KGB seize ans plus tôt et qui maintenant est pris pour cible par les russes qui le suspectent de les avoir trahis…

Avant qu’il ne soit coupable de lancer la carrière de Sophie Marceau, Claude Pinoteau commençait la sienne avec Le Silencieux, un ambitieux film d’espionnage allant de Londres à Genève en passant par Paris, avec Moscou pesant sur l’ensemble. Pour ce faire, il peut compter sur la présence de Lino Ventura qui, après le succès de cette première collaboration, lui sera fidèle sur plusieurs films dont le dernier de la star, La 7ème Cible (1984) auquel je dois mon prénom. Vous vous foutez sans doute de cette dernière anecdote, mais revenons quand même sur l’aventure du silencieux a.k.a Clément Tibère… qui porte le même prénom que l’autre Super Marie, tiens donc !

Bref, au départ, Le Silencieux s’en tient très bien à son programme car Lino a très peu de répliques et le film reste muet pendant un bon bout de temps. Cette économie de dialogues, d’abord uniquement trahie quand il faut expliquer les nombreux changements d’identité du héros (et encore, un flash back monté en parallèle s’en chargeait très bien), est comblée par une mise en scène vive et précise, rendant limpide les enjeux internationaux de cette histoire d’espionnage et d’homme traqué. Dans la peau de ce dernier, Lino Ventura est comme d’habitude formidable, poussant le film dans sa constante fuite en avant. Lino y est aussi émouvant, laissant deviner derrière son silence sa profonde douleur d’homme auquel on a enlevé le passé. Encore une fois, Lino s’est donc fait le héros d’un film au récit ciselé, au genre assumé.

lesilencieux-linoventura
Clément Tibère (Lino Ventura) doit prendre le volant car son collègue a une petite migraine. 

Le Silencieux est donc un coup d’essai, coup de maître pour Claude Pinoteau qui n’a jamais fait mieux par la suite à ma connaissance et qui emprunte humblement à Hitchcock (la musique y joue un rôle proche de L’Homme qui en savait trop) pour rendre son film vraiment haletant. On y admire les scènes d’action bien découpées, la menace omniprésente et anonyme du KGB aux trousses de Lino, les airs de Beethoven venant rythmer la folle course poursuite. Le seul problème de cette réalisation rigoureuse, de ce savoir-faire précoce, c’est que quand ça baisse parfois de régime, même succinctement, ça se ressent. Ainsi, la dernière partie du métrage accuse quelques coups de frein, notamment quand on y retrouve un amour perdu de manière plus ordinaire, moins essentielle et implicite que le reste. Mais on passera très aisément sous silence ces quelques fautes du Silencieux

BASTIEN MARIE


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