Wonder Wheel

mv5bmta2njaymdizmzleqtjeqwpwz15bbwu4mdg1ntewnjmy-_v1_sy1000_cr006741000_al_Drame américain (2017) de Woody Allen, avec Kate Winslet, Justin Timberlake, Juno Temple et Jim Belushi – 1h41

A Coney Island dans les années 50, fuyant les mafieux qui ont mis sa tête à prix, Carolina se réfugie chez son père Humpty et sa nouvelle femme Ginny. Mickey, un aspirant dramaturge travaillant comme maître-nageur l’été, va débuter une liaison avec les deux femmes…

Voilà début 2018 le cru 2017 de Woody Allen, Wonder Wheel, en attendant le prochain (il paraît qu’il est déjà plus ou moins prêt) et de savoir si sa présomption de culpabilité va avoir raison de sa carrière. En attendant, sa production Amazon Studios dresse un nouveau triangle amoureux dans un New York de dans le temps devant la caméra de Vittorio Storaro, exactement comme son précédent film Café Society. Le petit bonus de Wonder Wheel, c’est que son histoire ayant à voir avec des mafieux, on peut y revoir des trognes des Soprano comme Tony Sirico (déjà aperçu dans Celebrity) et Stephen R. Schirripa.

Comme souvent avec le Woody de ces dernières années, Wonder Wheel n’apporte rien de bien nouveau dans le cinéma du réalisateur, et le résultat dépendra surtout de votre propre appréciation du cinéaste. Pour ma part, hormis quelques bavardages de trop par-ci par-là, Wonder Wheel m’a plutôt plu. Le film commence sur le personnage de Justin Timberlake, perché sur sa vigie s’élevant au-dessus d’une plage de carte postale, se faisant le narrateur passionné de ce qui va suivre. Woody affirme d’emblée une forme de théâtre filmé, que va surtout sublimer Vittorio Storaro. Avec ses plans à courte focale faisant passer l’écran de cinéma pour une scène de théâtre et ses superbes lumières changeantes de crépuscules estivaux s’accordant aux humeurs houleuses des personnages, Storaro apporte des couleurs au film noir et esthétise un théâtre filmé qui, bien souvent, est plutôt synonyme d’inertie ou de sobriété. Ajoutez à cela la reconstitution 50’s délicieusement toc du décorateur Santo Loquasto, filant le logo du studio Amazon, et on tient l’un des films les plus beaux à regarder de Woody Allen, trouvant son intérêt dans cette artificialité assumée.

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Carolina (Juno Temple) arrive à Coney Island au pied de sa grande roue qui deviendra celle de son destin…

Et heureusement que l’esthétique de Wonder Wheel est si chaleureuse car le film aurait bien du mal à captiver uniquement avec son scénario. Bien qu’encore bien construite, la tragédie du triangle amoureux que nous raconte Woody est assez routinière. Les acteurs sont très bons et se démènent pour faire vivre des personnages qui ne sont guère plus que des archétypes sur le papier et qui ne semblent pas intéresser Woody plus que ça. La belle et trop rare Juno Temple s’excuse d’être une femme fatale, Jim Belushi rend attachant un (beau) père alcoolique et violent, Justin Timberlake met tout son cœur à jouer l’amant narrateur un peu lâché par un script qui peine à saisir sa confusion entre art dramatique et aléas de la vie. Quant à Kate Winslet, elle s’empare de son rôle d’héroïne névrosée habituelle de chez Woody, mais pour l’entraîner chez celles de Tennessee Williams et se montrer digne de la Vivien Leigh d’Un Tramway nommé Désir. Bref, heureusement que Woody Allen s’est très bien entouré pour sa grande roue nostalgique qui, sans ses collaborateurs, aurait tourné à vide…

BASTIEN MARIE

Autres films de Woody Allen sur le Super Marie Blog : Melinda et Melinda (2004)


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