La Rose et la Flèche

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Après ses croisades pour Richard Cœur de Lion, un Robin des Bois vieillissant revient à Sherwood où son amour pour Marianne renaît avec la même fougue que sa rivalité avec le shérif de Nottingham…

Après ses débuts dans la comédie du Swinging London, qui lui valut un chef-d’oeuvre avec les Beatles (A Hard Day’s Night, 1964) et une Palme d’or (Le Knack… et comment l’avoir, 1965), et avant de signer un Superman et demi de sinistre mémoire, Richard Lester s’était fait une spécialité du film de cape et d’épée. Ainsi, après s’être amusé avec les trois mousquetaires, il fait de même avec Robin des Bois avec La Rose et la Flèche. Le prince des voleurs est campé par Sean Connery retrouvant son adversaire de Bons Baisers de Russie, Robert Shaw. Quant à son grand amour, c’est Audrey Hepburn qui l’incarne, sortant de sa retraite grâce à l’insistance de ses enfants pour partager l’affiche avec James Bond. Le film est bien américain (apparemment, l’équipe comptait trop d’évadés fiscaux britanniques…) au moment où un autre grand réalisateur comique, Mel Brooks, tournait sa propre parodie de Robin des Bois pour la télévision.

Il y a aussi beaucoup d’humour dans La Rose et la Flèche et ce dès la séquence d’ouverture, démystifiant d’emblée l’aventure médiévale. On y charge péniblement une catapulte pour viser un château fort déjà passablement délabré et occupé seulement par des femmes, des enfants et un vieux borgne, puis le tir échoue lamentablement à atteindre sa cible. Une piteuse bataille motivée par la prise d’un trésor qui ne s’avérera être qu’une modeste statue en pierre. Richard Lester désamorce immédiatement le souffle épique du film pour mettre en évidence l’âge avancé de Robin des Bois (à l’époque, ça sentait le sapin dès la quarantaine), même joué par le fringant Sean Connery. Bref, Robin est trop vieux pour ces conneries quand il revient à Sherwood…

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Marianne (Audrey Hepburn) et Robin (Sean Connery) s’aiment encore comme des jouvenceaux. Pour la guerre, c’est une autre histoire…

Mais le ton parodique de La Rose et la Flèche s’arrête là car une fois revenu sur les terres des aventures de jeunesse, le film est plutôt habité par une nostalgie douce-amère, animée par une indéniable tendresse pour les personnages finissant par primer sur l’aventure en elle-même. Lester ne perd pas une occasion de mettre en valeur son couple de stars, se chamaillant sur le sens de leurs retrouvailles. Connery est particulièrement bon dans le rôle de ce héros enivré de sa propre légende, s’acharnant à retrouver coûte que coûte sa fougue d’autrefois. Mais le spectateur se fait moins d’illusions que lui face à un propos qui s’assombrit (le succinct mais affreux récit des croisades), des personnages qui se troublent (la jalousie de Petit Jean), jusqu’à un final assez émouvant. Bref, à l’heure où on aime passer les héros au filtre crépusculaire, La Rose et la Flèche, joli film d’aventures à l’ancienne, a encore de quoi contenter les spectateurs d’aujourd’hui.

BASTIEN MARIE


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