The Descendants

mv5bmjaynta1mtcyn15bml5banbnxkftztcwnjeyodcznq-_v1_Drame américain (2011) d’Alexander Payne, avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller, Nick Krause, Beau Bridges, Robert Forster, Judy Greer et Matthew Lillard – 1h55

A Hawaï, alors qu’il s’apprête à vendre un splendide terrain dont il a hérité de ses ancêtres, l’avocat Matt King apprend que son épouse ne survivra pas au coma dans lequel l’a plongée un accident de bateau. Mais il apprend aussi par sa fille que sa femme le trompait et part à la recherche de l’amant…

Quand il se lance dans l’adaptation du roman hawaïen The Descendants de Kaui Hart Hemmings, Alexander Payne n’a presque rien tourné depuis sept ans et l’adulé Sideways. Il y a bien un sketch (et l’un des meilleurs) de Paris, je t’aime et le pilote de la série Hung avec Thomas Jane, mais c’est tout. Aussi, le retour de cet auteur américain très coté, avec une star (George Clooney) et une révélation (Shailene Woodley) en haut de l’affiche, a forcément fait grand bruit et il n’aura fallu que la sortie de The Artist la même année pour empêcher The Descendants de récolter tous les Oscars qui lui étaient promis.

Comme son titre l’indique, The Descendants traite du deuil et de l’héritage au moment où le protagoniste se retrouve entre le décès de sa femme et la vente de la propriété ancestrale. George Clooney joue très bien ce héros avec le cul entre deux chaises, avec une drôlerie finalement pas si éloignée de ses rôles chez les Coen. Face à lui, le personnage presque fantôme de la mère est aussi très intéressant, ayant brisé le cercle familial de son vivant pour le reconstruire au seuil de la mort. Tout cela est porté par un scénario assez bien troussé, parfois un peu bavard mais qui fait preuve d’une retenue appréciable. Et Payne déjoue aussi habilement le vaudeville qui s’ouvrait à lui avec la poursuite de l’amant, même s’il s’embarrasse de quelques trucs comiques nullement nécessaires, notamment le boyfriend débile joué par Nick Krause.

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N’allez pas croire que Matt King (George Clooney) tente de vous vendre Hawaï, il vous dirait qu’on y déprime autant qu’ailleurs.

Tout cela est bien joli mais aussi, je dois l’avouer, assez attendu. On reconnaît bien là les tics du cinéma indépendant américain, embrassant un récit finalement peu original, répondant à des ressorts émotionnels moins alternatifs qu’on veut nous le faire croire, en lui plaquant un cadre un peu décalé – ici, l’île d’Hawaï. Aussi, pendant toute la vision de The Descendants, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser quelques questions. L’histoire serait-elle plus ou moins intéressante si elle se passait ailleurs ? Sûrement pas. Qu’est-ce qui justifie alors qu’elle se passe à Hawaï ? Pas grand chose, sinon une blague inaugurale de George Clooney en voix off (« fuck paradise ») et un exotisme qui ne m’a certes pas déplu mais que d’autres pourraient trouver cliché ou carte postale. A moins de vouloir s’enorgueillir d’être le seul cinéaste capable de signer un film déprimant à Hawaï, Alexander Payne n’aura donc pas accompli grand chose avec The Descendants, du moins rien de plus que d’être un peu dépaysant…

BASTIEN MARIE


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