Ami-ami

0499886Comédie romantique française (2017) de Victor Saint Macary, avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat, Jonathan Cohen et Manu Payet – 1h26

Après une rupture difficile, Vincent se jure de ne plus jamais tomber amoureux et sa nouvelle coloc et meilleure amie Néféli compte bien lui faire tenir ce serment. Jusqu’au jour où Vincent rencontre Julie…

Sur Facebook, moi, Bastien Marie, vous avais promis d’expliquer pourquoi je perdais parfois mon temps à regarder des films médiocres. Si l’un des Super Marie vit en région parisienne avec le large choix de films que ça implique, l’autre travaille dans un cinéma de province qui vit d’ineptes comédies franchouillardes. Heureusement, la programmation est plus éclectique qu’elle n’en a l’air grâce à une association cinéphile (dont je fais naturellement partie, ça tient presque de la survie) luttant pour des films de bien meilleure qualité, mais ce sont plutôt les films populistes qui remplissent les salles et salissent le box office. Dans cet environnement d’exploitation cinématographique assez hostile, je dois donc bien admettre qu’il ne faut parfois que quelques détails pour que je pousse la porte de salles projetant des films pour lesquels je n’aurais sinon pas débourser le moindre euro.

Je vous rassure, je ne vous ferai jamais l’affront de parler des Tuche ici, mais penchons-nous un peu sur Ami-ami et des quelques détails qui m’ont piqué de curiosité. Le film de Victor Saint Macary est une comédie romantique française, une combinaison qui, vous en conviendrez, est d’habitude terrifiante. Mais il n’a pas fallu grand chose pour que je m’y risque : un distributeur (Le Pacte) qui nous a habitué à sortir de bons films, un morceau de La Femme dans la bande-annonce, la présence parmi les scénaristes de Thomas Cailley, auteur de l’excellent Les Combattants… Deux, trois petites choses qu’un spectateur lambda ne noterait peut-être pas, mais auxquelles un employé de multiplexe sevré aux sorties désastreuses s’accroche pour tenter une expérience qui, ô surprise, s’avérera guère satisfaisante.

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A défaut d’enflammer la comédie romantique, Vincent (William Lebghil) et Néféli (Margot Bancilhon) mettent le feu à leur appart.

Scruter les petits caractères de l’affiche m’a fait passer à côté du plus gros : au dessus de Margot Bancilhon culbutant William Lebghil, on a écrit en plus gros que le titre « Ceci est une comédie romantique ». Une manœuvre qui est tout à fait représentative du film : se piquant d’une subversion toute relative, du moins d’une sensualité timide, Ami-ami (qui ne se passe pas à Miami au fait) recouvre tout ça d’un modèle de comédie romantique banal et étriqué auquel on ne croit pas trop, à cause du dilemme très superficiel du protagoniste tiraillé entre sa coloc et l’amour de sa vie. Ce scepticisme fait tomber à plat presque tous les gags du film pourtant pas moins drôle qu’un autre, et Ami-ami ne nous sort de notre torpeur que grâce à une BO attrayante (je me disais bien que j’avais entendu La Femme !) et lors de quelques séquences paroxystiques bien menées, en particulier celle de l’incendie de l’appartement. Le casting est très inégal : heureusement que William Lebghil est attachant car sa coloc Margot Bancilhon joue très fort et sa conquête Camille Razat peine à animer son personnage de girlfriend idéale. On ne notera donc qu’un caméo assez hilarant de Manu Payet. Pour le reste, bien loin de la curiosité permanente des Combattants donc, Ami-ami se conforte bien trop aux règles du genre pour y amener la fraîcheur espérée.

BASTIEN MARIE


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