Downsizing

mv5bywjlymzlntktmdflni00zjqzlwjhnzmtnjzky2e0ymi2m2fhxkeyxkfqcgdeqxvyntu5mzk0nje-_v1_sy1000_cr006761000_al_Film de science-fiction américain (2017) d’Alexander Payne, avec Matt Damon, Hong Chau, Christoph Waltz, Udo Kier, Jason Sudeikis et Kristen Wiig – 2h15

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point le downsizing, un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm. Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à se lancer dans l’aventure…

On peut être étonné de voir Alexander Payne se lancer dans la science-fiction avec son septième film, Downsizing. Or, ce virage devait arriver plus tôt dans sa carrière puisque la préproduction avait commencé en 2009 avant d’être suspendue pour que Payne tourne The Descendants (2011) et Nebraska (2013). Ce retardement a-t-il été motivé pour glaner quelques Oscars afin de conforter les producteurs ? Quoiqu’il en soit, Downsizing a tenu sa première au festival de Venise dont il faisait l’ouverture, sans doute pour se placer dans la course aux Oscars, sauf que l’accueil critique et public est très mitigé, le film ne rapportant aux US que 9 millions de dollars pour un budget de près de 90…

Et Downsizing a l’accueil qu’il mérite car il est très inégal lui-même : la première moitié est fabuleuse mais la seconde n’est plus du tout à la hauteur. La dystopie que propose Alexander Payne est soignée et convaincante, et l’exposition de son univers ludique et riche est digne de celle d’un Pixar. Sans avoir recours à une voix off, le film se développe plutôt par une narration habile, capable à la fois d’émerveiller que d’inquiéter sur son sujet, au centre d’une campagne de promotion très crédible. A ce moment, on partage encore le point de vue d’un Matt Damon candide et on ressent très bien son mélange d’attraction et d’appréhension pour cette nouvelle vie qui s’offre à lui. La mise en scène est inventive, renouant avec le plaisir du jeu des proportions à la façon de L’Homme qui rétrécit. Enfin, on arrive dans ce monde de Lego humain, et c’est là que Payne arrive à une impasse…

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Dave  (Jason Sudeikis) explique à son collègue Paul (Matt Damon) qu’avec sa taille, il pourrait boire beaucoup plus de bière !

Dès qu’on a rapetissé, les intentions de Downsizing se brouillent (comédie ou drame, satire ou brûlot ?), son utopie s’éteint et il ne nous reste plus qu’à divaguer dans ce monde avec le ton incertain du cinéma d’Alexander Payne devenu soudain banal. La naïveté de Damon nous est désormais insupportable sans critique élaborée à lui opposer, avec des seconds rôles caricaturaux ou sous-développés pour l’accompagner dans une vision du monde franchement nian-nian. La dystopie, se rappelant à nous en quelques gags maladroits, est pulvérisée par un conte écolo auquel personne ne croit, Payne le premier. Dès lors qu’il n’y a plus d’intérêt à ce que les personnages soient petits, on se demande bien ce que le réalisateur de Sideways est venu faire dans la science-fiction. Si elle n’est qu’un point de départ à une réflexion plus profonde, c’est raté puisque le départ est beaucoup plus élaboré que la réflexion. De toute évidence, Payne ne connaît pas les règles du genre, peut-être même qu’il les méprise ; en tous cas, c’est surtout le propos de Downsizing qui devient minime.

BASTIEN MARIE


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