Leatherface

mv5bmddlzmrmotctzji3ys00ndgylwe2odatmza1ogjkzjk3zjnhxkeyxkfqcgdeqxvynzg3njuymtm-_v1_sy1000_sx708_al_Film d’horreur américain (2017) d’Alexandre Bustillo et Julien Maury, avec Stephen Dorff, Lili Taylor, Sam Strike, Vanessa Grasse, Sam Coleman, Jessica Madsen et James Bloor – 1h26

Au Texas en 1955, un groupe de jeunes psychopathes s’évadent de l’asile avec une jolie infirmière comme otage. Parmi eux, il y a le cadet de la famille Sawyer, impliqué dans le meurtre de la fille du shérif Hartman lancé à leurs trousses…

Ça y est, Alexandre Bustillo et Julien Maury tiennent enfin leur premier film américain. Après leur remake avorté de Hellraiser et leur suite des Halloween de Rob Zombie repiquée par Jason Blum, c’est sur le terrain de Massacre à la tronçonneuse que le duo a finalement fait leurs armes avec cette origin story initiée par Millennium Films qui a déjà égratigné la franchise avec Texas Chainsaw 3D. Connaissant bien les équipes bulgares avec lesquelles ils avaient déjà travaillé sur Aux yeux des vivants, Bustillo et Maury ont tourné Leatherface en toute tranquillité, du moins dans les limites de temps et de budget imparties. C’est en postproduction que le contrôle du film leur a échappé, leur montage de près de deux heures ayant été déraisonnablement resserré et défiguré par les nombreux producteurs exécutifs. Le vrai massacre à la tronçonneuse s’est donc déroulé dans la salle de montage, et regarder Leatherface revient, comme on pouvait s’y attendre, à voir s’il y a des restes…

Vous souvenez-vous, dans le Massacre à la tronçonneuse original, de cette aube soudaine qui survenait entre le repas de famille et l’évasion de l’héroïne ? Ce lever de soleil express revient dans Leatherface, à un niveau stylistique ; car entre la séquence d’ouverture grossière shootée par les producteurs et la suivante, signée par Alexandre Bustillo et Julien Maury, c’est vraiment le jour et la nuit. La schizophrénie du film nous saute à la figure dès les premières minutes, avec un film qu’on sent tourné vers la contemplation et le développement des personnages charcuté au profit d’une efficacité à tout prix. Le film ressemble aux masques de Leatherface, cousu grossièrement au fil barbelé. Finalement, ce sont moins les origines du boogeyman qui intéressent les producteurs que la virée meurtrière et gore à souhait des évadés de l’asile. Certes, cette approche nous permet au moins de profiter des beaux effets spéciaux d’Olivier Alfonso, mais elle sacrifie les acteurs, en particulier le shérif Stephen Dorff et la pyromane Jessica Madsen, réduits à la psychopathie la plus caricaturale.

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Le shérif Hartman (Stephen Dorff) fait connaissance avec le membre le plus cher de la famille Sawyer.

On a donc pas le temps de s’attacher aux personnages, ce qui est contradictoire avec le scénario qui leur faisait la part belle. Il ne s’agit plus cette fois d’adolescents servant à remplir le frigo d’une famille de dégénérés, mais d’un groupe de jeunes gens échappés de l’asile parmi lesquels se cache le futur Leatherface. A nous de le retrouver. Une sorte de whodunit étonnant mais malhonnête puisqu’on nous montre un parfait Gunnar Hansen juvénile avec Bud, joué par Sam Coleman, pour nous dire ensuite qu’en fait que non, ce sera son meilleur pote Jackson l’heureux élu. On y croit pas une seconde, et même l’originalité du traitement ne sied guère à Leatherface, préquelle décidément embarrassante, ne sachant plus que faire de l’héritage de Tobe Hooper et citant, à défaut, The Devil’s Rejects. Bustillo et Maury auront donc fait tout ce qu’ils pouvaient, le plus gros de leur travail reste confiné dans les scènes coupées. Et le plus triste, c’est que Hooper, disparu le lendemain de la première du film, n’aura pas eu le temps de les rassurer d’une tape sur l’épaule…

BASTIEN MARIE


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