Le Grand Jeu

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Ancienne championne de ski, Molly Bloom s’est reconvertie dans le jeu en organisant les parties de poker les plus sélects de Los Angeles et New York. Une réussite dont elle doit s’expliquer devant les tribunaux et le FBI qui lui a tout saisi…

Scénariste déjà légendaire du cinéma américain, de The Social Network à Steve Jobs, en passant par les incontournables séries A la Maison Blanche et The Newsroom, Aaron Sorkin se lance dans sa première réalisation avec Le Grand Jeu, un nouveau biopic sur la reine du poker Molly Bloom ayant fait jouer à sa table aussi bien des stars hollywoodiennes (celle jouée par Michael Cera était en réalité Tobey Maguire) que des mafieux russes. Une personnalité moins connue que Mark Zukerberg ou Steve Jobs, mais tout aussi intéressante pour le pouvoir qu’elle a gagné sur le fil de la légalité.

Ça n’étonnera personne : Le Grand Jeu est diablement bien écrit. Dès la première séquence posant la détermination du personnage joué par Jessica Chastain toujours aussi impeccable, on reconnaît la plume frénétique et précise d’Aaron Sorkin, noyant sous les infos d’un prodigieux parcours le spectateur qui jubile. Encore une fois, on va s’y sentir  plus intelligent en captant un propos vif et limpide. La description des cercles de jeu prestigieux importe moins que le portrait de femme ambitieuse et indépendante que dresse Sorkin. Le destin de Molly Bloom tombe à pic dans l’actuel Hollywood harceleur et, même si Le Grand Jeu a été écrit avant la vague de scandales, son héroïne, que Sorkin a en plus le bon goût de ne pas sexualiser, est encore plus forte dans le contexte actuel.

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Molly (Jessica Chastain) passe un marché avec celui que nous appellerons « Joueur X » (Michael Cera) ; rien de sexuel là-dedans, c’est pour garder son anonymat…

Sur le papier, Le Grand Jeu fonctionne donc à plein tube mais à l’écran, la première expérience de Sorkin derrière la caméra se fait un peu ressentir. Le rythme du film est prenant mais pas aussi étourdissant que celui d’un Social Network. La mise en images des parties de poker est un peu tape-à-l’œil, où on aurait préféré une approche plus originale qu’un World Series télévisuel. Les séquences de procès, avec un Idris Elba livré à lui-même, sont moins inspirées que le reste. Les précédents films écrits par Sorkin nous avaient habitué à la maîtrise d’un Fincher ou d’un Bennett Miller (ou même d’un Danny Boyle inspiré !), ce qui place forcément la barre très haut pour un premier essai que Sorkin ne transforme qu’à moitié. Je vous rassure, Le Grand Jeu reste un bon film, mais il manque la marche d’un grand film.

BASTIEN MARIE


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