Star Wars : les derniers Jedi

mv5bmjq1mzcxnjg4n15bml5banbnxkftztgwnzgwmjy4mzi-_v1_sy1000_cr006751000_al_Star Wars : The Last Jedi Film de science-fiction américain (2017) de Rian Johnson, avec Daisy Ridley, Mark Hamill, Adam Driver, John Boyega, Oscar Isaac, Kelly Marie Tran, Andy Serkis, Domhnall Gleeson, Benicio Del Toro, Laura Dern et Carrie Fisher – 2h32

Attention, cet article contient des spoilers ! Merci de votre compréhension.

Pendant que Rey est partie à la rencontre de Luke Skywalker pour commencer son entraînement de Jedi, Poe, Finn et la princesse Leïa tentent de faire sortir les dernières forces de la Rébellion des griffes du Premier Ordre…

Ça n’aura échappé à personne que Disney, avec une promo toute impériale, a balancé son nouvel épisode de Star Wars dans toutes les salles du monde. Après un J.J. Abrams qui se défaisait mal de sa déférence pour les films originaux dans Le Réveil de la force, c’est au tour de Rian Johnson, auréolé du succès de Looper, de raconter l’histoire de ces Derniers Jedi (au singulier dans le titre original). Golden boy de la SF indé, Johnson a-t-il à son tour été broyé par l’emprise disneyenne ou est-il l’auteur providentiel que les fans attendaient ? Sa reconduite à la supervision de la seconde nouvelle trilogie ferait pencher pour la première option, mais on n’allait pas en juger sans avoir vu le film…

Les détracteurs de l’épisode 7 ayant insisté sur ses fortes ressemblances avec le premier film Star Wars, Rian Johnson a fait tout son possible pour ne pas passer à son tour pour un fossoyeur de L’Empire contre-attaque. Ainsi, pour brouiller les pistes, il a fait en sorte que l’apprentissage de Rey soit consternant et a déplacé le combat sur Hoth à la fin du film. Mais même sans jouer au jeu des comparaisons, Les Derniers Jedi, passée son ouverture où Poe Dameron fait des étincelles, montre assez vite ses limites. Johnson a voulu focaliser son film sur les personnages. Noble intention, parfois juste au gré des conversations télépathiques entre Rey et Ren, mais le parti-pris a beaucoup de mal à tenir les 2h30 d’un épisode 8 aussi amorphe que sa flotte rebelle privée de vitesse lumière. Pour rappeler au spectateur qu’il est devant un Star Wars, on fait courir Finn dans tous les sens pour pallier à la lenteur du récit, paralysé par la peur de se mesurer au film d’Irvin Kershner. Je ne suis pas un partisan de l’action tous azimuts, loin s’en faut, mais à condition qu’on ait quelque chose à raconter, ou un personnage à transformer. Or, l’entraînement Jedi, cœur ténébreux de L’Empire contre-attaque, est précisément le fardeau des Derniers Jedi, plus long mais bien moins substantiel que l’enseignement de Yoda autrefois. Luke Skywalker est devenu un vieux papy farceur et Rey reste désespérément la petite fille naïve sortie de son désert. Certes, la Force redevient une notion un peu plus spirituelle et universelle, mais Johnson ne sait pas plus qu’en faire que son prédécesseur.

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Kylo Ren (Adam Driver), prêt à se débarrasser des spectateurs qui ne le trouvent pas assez bad ass.

Laborieusement, le film fait miroiter des revirements qui n’aboutissent pas, fait des vannes pas drôles qui ne servent qu’à le discréditer plus encore, et se conclue sur un climax tardif certes ingénieux (le sol cramoisi de la planète Crait apporte une belle violence suggestive) mais complètement vidé d’enjeux. Encore une fois – et j’insiste sur ce point tant il est injustement mal-aimé – le seul à avoir les épaules est Adam Driver. Il est le seul à incarner et à rendre incandescent cette dualité que Les Derniers Jedi tente de nous rabâcher par ailleurs. Et surtout, persévérant à faire de Kylo Ren un ado en crise, il est le seul à se rendre compte de la terrible infantilisation de Star Wars. Certes, on y tue une seconde fois le père mais sans jamais oser ce renouveau, cette révolution ardemment désirés. Rian Johnson tue un héritage qu’il est incapable de s’approprier ou de renouveler (d’où la vanité de l’enseignement de Skywalker), bel et bien broyé à son tour par un empire disneyen qui pourrait être assez vil et sournois pour rejouer la fanfare Fox en préambule des prochains épisodes !

BASTIEN MARIE


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