Nemesis

228377Sam was here Film fantastique français (2017) de Christophe Deroo, avec Rusty Joiner – 1h13

Envoyé dans le désert californien, le VRP Sam Cobritz ne croise que des maisons vides et des portes closes. Voulant rentrer pour fêter l’anniversaire de sa fille, il est retardé par une chasse à l’homme dont il pourrait bien être la cible…

Après trois court-métrages ambitieux mais lui ayant rapporté peu de visibilité, Christophe Deroo s’est lancé dans l’aventure du long-métrage avec Nemesis, écrit et préparé en quelques mois pour un tournage d’une dizaine de jours dans le désert californien. Avec un sujet assez épuré pour supporter un petit budget et une équipe motivée, Nemesis a fait son effet dans les divers festivals fantastiques où il est passé, avant de sortir en vidéo en France. Les tentatives de genre y sont toujours discrètes, mais Nemesis méritait-il plus d’attention ?

Christophe Deroo soigne en tous cas son exposition : dès les premières images, Nemesis affiche une belle qualité technique. Citant John Carpenter sans rougir, via son format Scope et sa bande son électro (signée Christine…) de vigueur, Deroo tient à ce que son film soit visuellement ample et y parvient avec une image irradiante, faisant presque oublier qu’elle est numérique. Grâce à une telle facture, le film a ensuite tout le loisir de développer habilement son mystère, son étrangeté virant à la sauvagerie. Ça ressemble à un épisode de La Quatrième Dimension avec des rednecks échappés de chez Tobe Hooper : forcément, on est happé !

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Sam Cobritz (Rusty Joiner), un VRP ayant sans doute affaire à des clients mécontents…

Malheureusement, ce très bon début a du mal à s’épanouir dans une durée qui ne peut aller au-delà d’une heure, et Nemesis ne parvient pas à transcender sa nature de long court-métrage. A tel point que le final du film, qui m’a beaucoup déçu après toutes les belles promesses qui l’ont précédé, semble moins nihiliste qu’expédié, parce qu’il faut bien conclure le film même avec une explication très vague. Une fin qui met en lumière le vide thématique du film, tricotant de belles images mais sans substance. Il me semblait pourtant que Deroo tenait un sujet très contemporain avec son pauvre héros, joué avec conviction par Rusty Joiner, condamné par la rumeur et la désinformation. Le réalisateur a tout mis dans l’image mais peu dans le propos, et Nemesis devient un premier film « carte de visite » comme celles que sème son protagoniste. Il est donc aussi prometteur que décevant, ce qui ne nous empêche pas d’espérer que Deroo trouve un projet plus abouti la prochaine fois…

BASTIEN MARIE


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