Happy Birthdead

mv5bmji4njkzmjmzof5bml5banbnxkftztgwndq4ndm2mji-_v1_sy1000_cr006311000_al_Happy Death Day Film d’horreur américain (2017) de Christopher Landon, avec Jessica Rothe, Israel Broussard et Ruby Modine – 1h36

Une étudiante revit encore et encore le jour de son anniversaire à la fin duquel elle est systématiquement assassinée. Une boucle temporelle qui ne prendra fin que lorsqu’elle aura trouvé l’identité de son meurtrier…

Après avoir fait le scribouillard pour la série des Paranormal Activity (dont il a réalisé un épisode), Christopher Landon retrouve le producteur Jason Blum pour Happy Birthdead, mais oublions ce titre « français » stupide, voulez-vous… Comme souvent chez Blum House Productions, Happy Death Day (ah, c’est mieux) part d’un concept a priori original et infaillible : mêler boucle temporelle et tueur en série. Un jour sans fin Scream en somme. Sauf que Christopher Landon ne va pas chier plus loin que cette fausse bonne idée, le mélange n’allant pas de soi et traitant les genres par-dessus la jambe.

En ce qui concerne le slasher, comme on pouvait s’y attendre, le genre se prête mal à la boucle temporelle, ne serait-ce que parce que l’héroïne ne meurt jamais. Evidemment, la tension y est éventée au bout de vingt minutes, quand l’héroïne – et le spectateur avec elle – se résigne à être tuée pour mieux recommencer le lendemain. La boucle temporelle rend tout Happy Death Day complètement inconséquent, condamné à se rebooter éternellement dans une structure qui ne cherche aucune continuité dans la redondance. Le résultat aurait pu être un peu plus intéressant avec du gore, prohibé par le studio avant le tournage. Un peu de tripaille se serait bien marié avec l’énergie du film (certaines courses poursuites sont aussi efficaces que dans Scream) et surtout avec l’antipathie provoquée par l’héroïne, qu’on aurait pris plaisir à voir se faire trucidée de diverses façons…

mv5bmzc5nza5njc3nv5bml5banbnxkftztgwntq4ndm2mji-_v1_sx1777_cr001777998_al_
Peu importe le nombre de fois où elle a été tuée, Tree (Jessica Rothe) ne sait toujours pas quand se retourner…

Même sans cette dimension de slasher timide, la boucle temporelle de Happy Death Day est déjà faiblarde en elle-même. En plus de forcer le film à tirer systématiquement à la ligne, elle est trop codée (on repère dès le premier jour les suspects potentiels et les éléments de running gag) et bourrée d’incohérences (ce qui n’aide pas à conduire un whodunit). Malgré sa bonne – très bonne – volonté, l’actrice Jessica Rothe est aussi desservie par ce traitement qui ne lui permet pas de développer son personnage, restant plus ou moins la peste égoïste du premier matin. La qualité que Happy Death Day n’a pas repris d’Un jour sans fin est d’amener son héroïne à une maturité qui lui aurait permis en plus de démasquer logiquement son meurtrier. Le film pompe donc énormément d’idées au chef-d’oeuvre de Harold Ramis, reprend très superficiellement son concept, le noie sous une ironie goguenarde téléphonée, et a même le toupet de le faire citer par un personnage ! Mais identifier son modèle n’excuse pas de lui être si inférieur… Ni le slasher ni la boucle temporelle ne sortent donc grandis de Happy Death Day qui se limite à une idée vidangée par Landon. Espérons que Jason Blum redonnera un plus franc coup de fouet au genre avec son reboot d’Halloween, confié au réalisateur beaucoup plus intéressant David Gordon Green.

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s