Il était temps

mv5bmta1oduzmda3nzfeqtjeqwpwz15bbwu3mdgxmtyxntk-_v1_sy1000_cr006311000_al_About Time Comédie britannique (2013) de Richard Curtis, avec Domhnall Gleeson, Rachel McAdams, Bill Nighy, Lydia Wilson, Lindsay Duncan et Margot Robbie – 2h03

A 21 ans, Tim apprend par son père que les hommes de sa famille ont le pouvoir de remonter dans le temps. Un don que Tim veut utiliser pour trouver la femme de sa vie, ce qui ne va pas être une mince affaire…

Derrière chaque grand homme, il y a une femme. Ce vieux dicton bien sexiste s’applique en partie aux Super Maire, au moins à moi. Non pas que je sois un grand homme (c’est ça, le « en partie »), mais il y a bien une femme dans ma vie qui quelquefois me tanne pour écrire des articles sur des films qu’elle adore. Et ma Alma Hitchcock fait assez de bon boulot pour promouvoir le blog pour qu’elle ait ses articles à elle de temps en temps. C’est pourquoi je me dévoue à écrire ce soir sur Il était temps, troisième film de Richard Curtis après le très mauvais Love Actually (2003) et le beaucoup mieux Good Morning England (2009). Pas de mystère : Il était temps est a priori une comédie mais avec un petit peu de voyage temporel…

Le spectateur un peu geek va se lancer dans le film en essayant de lui trouver des failles, pensant que le voyage dans le temps ne peut être impunément usé comme prétexte à une comédie romantique. Sauf que si, justement, Richard Curtis l’utilise comme un prétexte, une astuce scénaristique sans effets spéciaux : une pièce sombre, un cut et pouf, nous voilà dans le passé ! Le truc, par ailleurs délaissé de toute explication, semble au départ ne nourrir que des gags assez attendus, comme une drague qu’on veut perfectionner mais qui tourne au désastre. Sauf que Curtis nous prend vite par surprise en conférant au truc une certaine amertume : Tim gâche ainsi un coup de foudre idéal par un retour en arrière de trop. Soudain, Il était temps nous cueille gentiment en rendant son propos toujours plus ample et en usant du voyage temporel pour insuffler de la substance à un film qui devient beaucoup plus qu’une simple comédie romantique. Là où on s’attendait à un film s’amusant à rejouer inlassablement ses scènes comiques, on a en fait un film qui veut rendre le présent encore plus précieux avec un ton n’hésitant pas à aller vers la mélancolie.

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Tim (Domhnall Gleeson) et son père (Bill Nighy) se concentrent très fort pour que ce film soit meilleur que Love Actually.

Il est bientôt évident que Curtis l’emporte sur tous les tableaux. Avec son protagoniste, l’excellent Domhnall Gleeson, qui n’utilise pas son don tant que ça, le réalisateur nous captive sur un registre dans lequel il est devenu un expert, à savoir la chronique d’une vie familiale beaucoup plus aboutie que celles de 4 mariages et 1 enterrement et évidemment de Love Actually. Et pour autant, l’incursion du voyage temporel n’y est pas gratuite, offrant quelques idées proprement bouleversantes comme cet espace que Tim crée avec son père, joué par le toujours adorable Bill Nighy. La suspension du temps permet d’y apprécier une bonne partie de ping pong avec le paternel – et ça, les Super Marie y sont très sensibles. Il était temps est donc bien une pépite, assurément le meilleur film de son auteur (en comptant aussi ses nombreux scénarios), et si je pouvais remonter dans le temps comme le héros, je reviendrais au début de cet article pour ne pas prétexter que ma copine a insisté pour écrire sur un film que j’adore autant qu’elle.

BASTIEN MARIE


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