Le Sens de la fête

570288Comédie française (2017) d’Olivier Nakache et Eric Toledano, avec Jean-Pierre Bacri, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Vincent Macaigne, Alban Ivanov, Eye Haïdara, Suzanne Clément, Hélène Vincent, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, William Lebghil, Kevin Azaïs et Sam Karmann – 1h57

Traiteur depuis trente ans, Max s’occupe d’un mariage dans un château du XVIIème siècle, mais ce moment de bonheur menace de tourner au désastre à tout moment…

Bien au-dessus de la beauferie qui plombe le genre et avec juste ce qu’il faut de personnalité cinématographique, le duo Olivier Nakache/Eric Toledano se sont tranquillement hissés au sommet de la comédie française avec le carton d’Intouchables (2011). L’essai n’a pas été totalement transformé par Samba (2014), bien qu’il anticipait l’explosion médiatique de la question des migrants. Pour leur sixième long-métrage – et cette fois sans Omar Sy qui préfère des projets aussi pépères qu’un remake de Knock – Toledano et Nakache ont mis les petits plats dans les grands pour renouer avec un plus franc succès.

Le Sens de la fête est complètement pensé comme une comédie populaire fédératrice. Ne serait-ce que par son casting hétéroclite mené par Jean-Pierre Bacri et réunissant différents clans du cinéma français, entre vedettes populaires (Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve), acteurs de films d’auteur (Vincent Macaigne, Suzanne Clément) et jeunes espoirs (Kevin Azaïs, William Lebghil), jusqu’à l’incontournable « de la Comédie Française » (le mari prétentieux joué par Benjamin Lavernhe). Toute la troupe est réunie sous la bannière d’un film qui ne trompe pas son titre et veut avoir la forme d’une coupe de champagne (l’image des petites bulles a dû être rabâchée à son propos). Et ma foi, Le Sens de la fête fonctionne bien par rapport à ce modeste projet : emporté par l’énergie du film choral, fourmillant de seconds rôles qui cimentent bien l’ensemble de ce désordre très bien réglé, le film est élégant et amusant. Et rire de bon cœur devant une comédie française est une occasion trop rare pour qu’on puisse s’en contenter.

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Le photographe de la soirée, Guy (Jean-Paul Rouve), excédé par la concurrence déloyale des invités. Heureusement, la fête est trop importante pour qu’il sorte de ses gonds…

Cependant, Le Sens de la fête s’en tient trop à son programme, assez vite prévisible, pour que le spectateur y trouve tout son saoul. La prise de risques est minime, autant pour les réalisateurs que pour les acteurs qui ressortent le même costard que leurs précédents films : Bacri aurait pu écrire son rôle lui-même, Lellouche refait le beauf de service, Macaigne hérite du prof de français dépressif, etc. Chacun reste dans sa zone de confort que Toledano et Nakache ne veulent surtout pas troubler. Ainsi, ils posent des thèmes rebattus sans même les pousser trop loin (le personnage de Bacri est à un carrefour de sa vie mais qui n’a pas de retombées sur le bon déroulement du film), et n’osent pas aller vers des métaphores (mise en abyme de la mise en scène) ou des contrastes (le sens de la fête n’est guère contrebalancée par la mélancolie) qui pourraient rendre le film trop ambitieux. Ratant le coche d’une oeuvre manifeste de leur style, les réalisateurs d’Intouchables se mettent moins en danger que leur protagoniste avec un Sens de la fête trop bien ordonné pour être honnête.

BASTIEN MARIE


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