Ça

mv5bote0nweyndytywi5mc00mwy0ltg1ndctzjawmjkymwjinzk1xkeyxkfqcgdeqxvynjk5nda3otk-_v1_sy1000_cr006741000_al_It Film d’horreur américain (2017) d’Andres Muschietti, avec Jaeden Lieberher, Sophia Lillis, Jeremy Ray Taylor, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Wyatt Oleff, Chosen Jacobs, Nicholas Hamilton et Bill Skarsgard – 2h15

A Derry dans les années 80, une bande d’adolescents martyrisés s’assemble pour lutter contre un clown concentrant toutes leurs plus profondes peurs…

Après un vide dans les années 2000, uniquement comblé par l’excellent The Mist (2007) de Frank Darabont, une seconde vague d’adaptations de Stephen King a déferlé sur nos écrans, petits et grands, et elle ne pouvait pas se priver d’une nouvelle relecture de Ça, après le téléfilm de Tommy Lee Wallace devenu culte qu’en l’absence de concurrence et/ou qu’à la présence de Tim Curry. Voulant lancer le projet depuis 2009, la Warner semblait avoir trouvé le réalisateur idéal avec Cary Fukunaga qui promettait un film d’horreur très ambitieux et qui passa près de trois ans avec Chase Palmer à écrire un scénario qui adaptait moins qu’il s’appropriait le roman en le nourrissant de leurs propres traumas d’enfance. C’était trop beau pour être vrai puisque Fukunaga quitte le navire en 2015, faute d’être trop ambitieux : « Je voulais faire un film d’horreur d’une grande qualité, avec de vrais personnages. Mais New Line et Warner ne voulaient pas de personnages. Ils voulaient des archétypes et des jump scares, et m’ont demandé de rendre mon script plus conventionnel et innofensif. » Bien qu’encore crédités comme scénaristes, Fukunaga et Palmer ont bien vu leur travail normalisé par Gary Dauberman (Annabelle). Quant à la casquette de réalisateur, c’est Andres Muschietti (Mama) qui en hérite, lui qui venait aussi de se barrer de La Momie version Tom Cruise. Mais en imaginant le réalisateur argentin devoir rester dans le cadre imposé par le studio, je me disais qu’aller voir Ça revenait à constater les dégâts…

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Le club des ratés au grand complet pour la scène la moins ratée du film.

Et ma foi, je ne m’étais pas trompé. Le film est loin d’être honteux : de très belle facture, bien rythmé, avec une troupe de jeunes acteurs très bons. Mais il faut bien reconnaître que Ça ne fait absolument pas peur, ce qui est assez embêtant pour un film d’horreur traitant justement de la peur. En ce qui concerne Grippe-sou, rendez-moi Tim Curry, car celui de Bill Skarsgard est poussiéreux et univoque, le maquillage ne suffisant pas seul à en faire une icône de l’horreur. Quant au reste, comme prévu, Andres Muschietti est enfermé dans son cadre d’horreur grand public, sans transgression d’aucune sorte. Ça doit se reposer sur une horreur de métronome, posant des jump scares à intervalles réguliers.

Certains pourraient se consoler en disant que le film est très fidèle au livre de King… ce qui n’est pas bon signe en soi. Car rappelons qu’une adaptation fidèle de King, ça donne Shining, mais celui de Mick Garris. Ici, je n’approuve déjà pas le choix de sectionner le récit entre ados et adultes (l’intérêt de la peur de Ça reposant aussi sur sa durée), mais en plus Muschietti trouve rarement le bon équilibre entre horreur et teenage movie, préférant à un Stand By Me X Simetierre un espèce de Goonies contre le clown. Même si les acteurs sont bons (mention spéciale à Sophia Lillis), le club des ratés n’est pas très bien uni (Stanley et Mike sont très très en retrait) et les personnages sont assez grossièrement caractérisés. Forcément, ça n’aide pas à entrer dans le fantastique, surtout quand Derry ressemble à une ville parmi d’autres avec une maison hantée proprette, alors qu’elle est censée être le centre démoniaque du Maine. Bref, dans à peu près tous ses aspects, Ça est fortement codifié, prévisible et constamment sur-expliqué et, n’en déplaise au public massif tout content de se ruer sur un film qui soigne sa zone de confort, ce n’est pas encore cette fois que le chef-d’oeuvre de King aura trouvé son équivalent cinématographique…

BASTIEN MARIE


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