Empire Records

empire-recordsTeen movie américain (1995) d‘Allan Moyle, avec Anthony LaPaglia, Rory Cochrane, Johnny Whitworth, Liv Tyler, Renée Zellweger, Robin Tunney, Ethan Embry, Maxwell Caulfield et Brendan Sexton III1h30

Alors qu’il gère la fermeture du magasin de disques dans lequel il bosse, Lucas découvre que ce dernier va bientôt être racheté par une grande chaîne et décide d’aller jouer l’argent de la caisse à Atlantic City… sans succès ! Le lendemain matin, alors qu’il doit accueillir en dédicace un chanteur ringard, Joe, le gérant, découvre le pot au rose. C’est le début d’une très longue journée à l’Empire Records…

Issu du cinéma indépendant canadien (on a notamment pu l’entrevoir dans le Rage de Cronenberg…), Allan Moyle se fit remarquer avec Times Square mais surtout Pump up the volume, teen-movie où Christian Slater incarne un étudiant qui, la nuit venue, devient DJ sur une radio pirate pour foutre un gentil boxon sur son campus. Si on ne peut pas dire que la popularité de ces films ait vraiment tenu le passage au 21ème siècle, il en va de même pour cet Empire Records où Moyle explore les mêmes thématiques de la musique et de la jeunesse. Pourtant, il bénéficie d’un casting de premier choix, révélant une poignée d’acteurs que l’on retrouvera aussi bien sur le grand que le petit écran (avec, en tête, Renée Zellweger et Liv Tyler).

Aussi, Empire Records s’inscrit pleinement dans son époque en reprenant directement lesthétique caractéristique de la chaîne musicale MTV, alors à l’apogée de son rayonnement. Certes, cette référence culturelle lourdement marquée de son époque n’a pas du aider à lui faire passer les âges mais il est quand même dommage que cet Empire Records ne soit pas davantage resté dans les mémoires, ne serait-ce que comme un témoignage de la génération 90. Manque certainement la folie d’un Wayne’s World ou la causticité d’un Clerks, n’empêche que, s’il n’atteint pas non plus l’acuité des classiques de John Hughes, le film de Moyle peut être considéré comme l’un de ses honnêtes rejetons, dressant un portrait d’une jeunesse aussi multiple que déjantée (de la première de la classe à la suicide girl en passant par l’artiste romantique, la bimbo, l’ado voyou mais surtout paumé, le chelou impassible et existentialiste ou encore les deux stoners, le tout sous la garde du cool et paternaliste Joe) qui trouve toujours un écho aujourd’hui.

Empire Records pourrait aussi être considérée comme une modernisation libre, et certainement plus utile que le remake de Nora Ephron, du chef d’oeuvre de Lubitsch Rendez-Vous. Loin d’avoir la même rigueur (n’est-ce pas là aussi générationnel ?), Moyle dépeint néanmoins le quotidien agité de ces employés de magasin avec la même affection pour ses personnages et un sens du rythme, sinon équivalent (va sans dire !), qui finit par remporter l’adhésion. Fin de siècle oblige, notre petite famille, en plus des romances, des aspirations et des drames personnels, se retrouve également confronté à la franchisation généralisée, leur joyeuse boutique devant bientôt devenir la succursale d’un géant du disque. Ne vous inquiétez pas, tout finira bien-sûr par s’arranger autour d’un bon vieux concert de rock, yeah !

Empire Records

Mais justement, qu’en est-il de la musique, puisque c’est aussi de ça qu’il est question ?! La tracklist d’Empire Records affiche un certain écclectisme : on pourra noter une jolie utilisation du sirupeux Romeo and Juliet de Dire Strait (forcément moins imparable que celle de Hot Fuzz), un emploi plutôt sympa du célèbre Video Killed the Radio Star des Buggles, de Money (That’s What I Want) version Flying Lizards ou encore du standard A Girl Like You d’Ewyn Collins, un petit défouloir sur le If You Want Blood d’AC/DC, un (bad)trip sur un clip des joyeux trash-métalleux de Gwar jusqu’au générique sur le bucolique This is the day de The The… Bon, il faudra malheureusement aussi se farcir ces putains de Cranberries !

Après, on pourra toujours se demander si Moyle et sa galerie de jeunes sont à la hauteur des idéaux contre-culturels qu’ils prônent, Empire Records n’en demeure pas moins un teen-movie (même s’il s’agit plus ici d’adulescents…) sincère et sympathique comme on aimerait en voir plus souvent.

CLEMENT MARIE


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