Mother !

mv5bmje3mtu4mja0ov5bml5banbnxkftztgwndczntizmji-_v1_sy1000_cr006671000_al_Thriller américain (2017) de Darren Aronofsky, avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer, Kristen Wiig et Domnhall Gleeson – 2h02

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité…

Darren Aronofsky a délégué la réalisation de Jackie à Pablo Larrain pour se concentrer sur ce Mother ! qui, après le film d’horreur (ou thriller psychologique puisqu’il a été nommé à l’Oscar) Black Swan et la fresque biblique Noé, a pour objectif de mêler ces deux films précédents en un home invasion hyper métaphorique. Sur lequel le réalisateur a même pécho son actrice Jennifer Lawrence. Sauf que Mother ! n’aura séduit ni Venise ni Deauville et, avec sa sortie avancée d’un mois, semble s’être retiré de la course à l’Oscar. Les premiers signes d’un naufrage certain pour le réalisateur de Requiem for a Dream.

Si Mother ! avait été un film d’étudiant de vingt minutes, j’aurais sans doute été plus indulgent. Sauf qu’avec ses longues et indigestes deux heures de métrage, je me retrouve presque sans voix devant ce film insensé. Tirer une métaphore biblique d’un home invasion est déjà un projet assez farfelu, mais si aucune des deux dimensions n’est convaincante, ça devient carrément suicidaire. On ne se retrouve donc que face à un film refusant de nommer Abel et Caïn pour se croire futé, et se développant au rythme d’un thriller soporifique mené par des acteurs bien au-dessous de leur talent habituel, avec une mise en scène faiblarde se contentant de coller au visage de l’héroïne dans un 16 mm glauque pour créer une tension autrement inexistante. Empêtré dans la lourdeur de sa démonstration, Aronofsky entend la conjurer avec un climax excessif dont la violence ne peut être que complaisante. Mais après, si Darren kiffe voir sa meuf se faire tabasser…

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Comme nous, Jennifer Lawrence prie pour que le film prenne fin très vite.

Bref, Mother ! ne se fonde sur rien d’autre qu’une allégorie arbitraire dont on se demande comment elle a pu germer dans la tête d’Aronofsky. Je n’irai pas dire qu’on ne doit pas citer la religion à la légère (ce serait très stupide), mais à quelle fin Aronofsky le fait-il au juste ? Montrer la violence du fanatisme ? Pas nouveau. Se questionner sur la création ? Donc le mec se prend pour Dieu peinard (et le fait jouer par un Javier Bardem qui aura décidément eu le nez pour débusquer les navets cette année). S’abîmer dans ses obsessions pour espérer un nouveau cycle créatif ? C’est sûr qu’il va en avoir besoin. Dans tous les cas, la seule chose religieuse que Mother ! aura accompli, c’est de faire pulluler les théories et exégèses sur le Net, par des gens persuadés que le film doit avoir un sens quelque part. Mais moi, maudit athée, je n’y ai encore vu que du vent.

BASTIEN MARIE


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