Nomads

nomads_affFilm fantastique américain (1986) de John McTiernan, avec Pierce Brosnan, Lesley-Anne Down et Anna Maria Monticelli – 1h31

Le docteur Eileen Fox entend les dernières paroles d’un anthropologiste français mort durant son service. Peu après, elle revit les derniers jours de cet homme tout juste installé à Los Angeles et traqué par des esprits maléfiques…

Nomads est le premier film de John McTiernan, et le seul qu’il a écrit, après avoir fait son temps dans la publicité. C’est aussi la première apparition de Pierce Brosnan au cinéma, qui retrouvera le réalisateur pour L’Affaire Thomas Crown (1999). En attendant de remettre au goût du jour le film de Norman Jewison, le duo débutait donc avec ce film fantastique tourné avec un tout petit million de dollars dans les rues de Los Angeles. Il aurait pu rester tout à fait confidentiel s’il n’avait pas impressionné Arnold Schwarzenegger et les producteurs du futur Predator.

Évidemment, aujourd’hui, on ne pourra voir Nomads qu’à la lumière de la brillante carrière de cinéaste qui l’a suivi… ce qui tend à rendre le premier essai de McTiernan encore plus étrange. Car Nomads est vraiment un film très bizarre, s’accordant mal avec le cinéma fantastique de l’époque (malgré les efforts de Bill Conti pour livrer un score archi-80’s) et auquel je ne suis toujours pas sûr d’avoir tout compris (les plus méchants diront que c’est à cause du français très approximatif de Pierce Brosnan). Résumer le film est déjà un défi en soi, switchant entre les points de vue des deux personnages principaux sans qu’on sache trop comment ni pourquoi. Puis s’il faut en plus vous parler des fantômes qui y rôdent, réminiscence d’esprits inuits, ou du couvent abandonné qu’on y traverse, pas du tout inuit celui-là, ça devient franchement le bordel. Pas étonnant que McTiernan n’ait jamais réécrit de scénarios par la suite, celui de Nomads étant très nébuleux et empêtré dans des codes fantastiques hasardeux.

12330_1
Pierce Brosnan se plonge dans les rushs de Nomads pour essayer d’y comprendre quelque chose.

A l’exception d’une séquence prémonitoire de la mort de Hans Grüber dans Piège de cristal, on aurait donc bien du mal à relier Nomads aux succès ultérieurs du cinéaste. Et pourtant, qu’il ait tapé dans l’œil des responsables de Predator n’est pas étonnant. Car malgré son récit très alambiqué, Nomads est tout de même l’œuvre d’un grand cinéaste en puissance, ne serait-ce que par la conviction esthétique du jeune McTiernan. Sans doute pas aveugle sur ses capacités limitées de scénariste, il a en revanche beaucoup plus confiance en sa mise en scène, persuadé de pouvoir raconter visuellement son pitch farfelu. Se reconnaissant de toute évidence dans le personnage photographe et anthropologue de Pierce Brosnan (ce qui rend sa télépathie post-mortem plus incompréhensible encore), McTiernan excelle à rendre Los Angeles inquiétant, de jour comme de nuit, et à fasciner avec son gang de motards fantômes, eux aussi metteurs en scène par leurs rituels meurtriers. Ces fantômes, même si McTiernan échoue à expliquer leur présence sur le papier (même quand il joue un docteur de Boston au téléphone), il y parvient indéniablement à l’écran, en en faisant des fantômes proprement cinématographiques puisqu’on ne peut pas les capter sur pellicule. Malgré ses nombreuses maladresses (on aura qu’à dire que c’est un film expérimental), Nomads tient donc bien en haleine malgré tout, jusqu’à un épilogue que je n’ai pas compris non plus (pourquoi les esprits inuits ne pourraient pas quitter la Californie au juste ?) mais que j’ai trouvé visuellement digne du futur grand réalisateur de Die Hard et Last Action Hero.

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s