War Machine

mv5bmtcymzgwnde1m15bml5banbnxkftztgwmdazmdm0mji-_v1_Film de guerre américain (2017) de David Michôd, avec Brad Pitt, Anthony Hayes, John Magaro, Anthony Michael Hall, Topher Grace, R.J. Cyler, Alan Ruck, Will Poulter, Lakeith Stanfield, Scoot McNairy et Ben Kingsley – 2h02

Le général Glen McMahon et son équipe sont envoyés en Afghanistan pour ordonner les opérations de libération du pays, mais ils se confrontent à tous les pouvoirs en place qui les empêchent de mener à bien leur mission…

Premier film d’une lourde campagne de projets originaux Netflix, War Machine déploie l’artillerie lourde pour faire du clic avec la star Brad Pitt au sommet du casting et David Michôd (Animal Kingdom, The Rover) pour écrire et réaliser le film d’après une histoire vraie. Celle relatée par le journaliste Michael Hastings, mort à 33 ans (qui dit complot ?), dans son livre The Operators : The Wild and Terrifying Inside Story of America’s War in Afghanistan où il raconte les mésaventures du général Stanley McChrystal qui s’est brouillé avec l’administration Obama avant de se faire descendre dans les journaux et, naturellement, d’être relevé de ses fonctions. Netflix pensait avoir trouvé là son M*A*S*H ; malheureusement, ils ont mâché le travail.

On sent pourtant l’ambition que vise War Machine dès ses premières minutes, incarnée par la discipline de fer de son protagoniste et énoncée par une voix off au débit de mitraillette voulant nous expliquer avec force ironie toute la complexité des conflits au Moyen Orient. David Michôd se voyait déjà en grand satiriste du militarisme américain, mais il n’a pas assez étudier le travail du mentor Altman pour parvenir à équilibrer sa farce. Du coup, on se retrouve entre un Brad Pitt grimaçant esseulé dans sa caricature forcée de général intransigeant, regrettant son court passage chez les frères Coen, et des machinations militaires et politiques continuellement déversées sur le spectateur qui se résigne à ne rien y comprendre. War Machine vide donc tous ses chargeurs dans la première heure, et sert un peu d’action dans le dernier quart d’heure pour féliciter le spectateur d’avoir tenu jusqu’au bout.

War Machine
Le général Glen McMahon (Brad Pitt) attendant patiemment que sa guerre ait un sens.

Netflix s’est-il trop attaché aux séries télé pour livrer un premier film original aussi bavard, mal structuré et nébuleux ? War Machine multiplie les personnages et les retournements de situation dans un magma bien trop épais pour deux heures de film, sans épisode ultérieur pour rattraper les boulettes. Il part aux quatre coins de l’Europe et de l’Afghanistan sans jamais en tirer de séquences substantielles et en s’encombrant d’un humour grotesque qui vise très mal. A défaut de nous avoir éclairé sur les conflits au Moyen Orient, War Machine n’aura réussi qu’à être aussi abscons, désespérant et laborieux que son sujet. L’auto-parodie n’est pas un mal mais elle nécessite un talent que Netflix n’a apparemment pas encore les moyens de se payer.

BASTIEN MARIE


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