La Planète des singes : suprématie

mv5bmje1njc4mju5nv5bml5banbnxkftztgwnzcwodg4mji-_v1_sy1000_cr007521000_al_War for the Planet of the Apes Singerie américaine (2017) de Matt Reeves, avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Terry Notary et Karin Konoval – 2h20

La communauté simienne de César est menacée par un colonel assoiffé d’une violente vengeance envers les singes…

Trois ans après La Planète des singes : l’affrontement, Matt Reeves est reconduit à la réalisation de ce troisième et ultime volet de la saga (on n’a pourtant aucune nouvelle de la Statue de la Liberté), et ce avec une liberté assez rare à Hollywood : pour un budget identique au film précédent, Reeves a carte blanche et obtient même de la Fox de repousser la sortie d’un an pour mieux préparer son scénario (qu’il coécrit cette fois) et ses effets spéciaux, toujours signés WETA. Retrouvant ses spécialistes du jeu de singes Andy Serkis et Terry Notary (ce dernier s’est même convaincu d’être un authentique primate dans la dernière Palme d’or, The Square), Reeves n’a qu’une seule star « humaine » au générique, Woody Harrelson, tendant à prouver que cette fois ça y est, ça sent le sapin pour l’humanité.

Comme un prélude à la grippe simienne, La Planète des singes : suprématie a créé un drôle de syndrome chez les cinéphiles qui le comparent à son prédécesseur : en gros, si vous avez aimé L’Affrontement, il y a de fortes chances pour que vous soyez déçus par Suprématie, et vice versa. Par conséquent, moi qui n’ai trouvé L’Affrontement que très moyen et comme un film inutilement complexe, jouant les prolongations du surprenant reboot inaugural, j’ai été beaucoup plus séduit par Suprématie et ce dès son ouverture dantesque : rappelant élégamment les enjeux des deux épisodes précédents, le film commence sur une bataille épique d’un niveau bien supérieur à celles entrevues dans le film précédent (pourtant, il s’appelait bien L’Affrontement, non ?). Embrassant ensuite le point de vue exclusif des singes, Matt Reeves se lance ensuite dans des citations à Apocalypse Now autrement plus cohérentes que celles de Kong : Skull Island, avec un Woody Harrelson en colonel Kurtz (caricatural, mais Kurtz quand même), puis dans un authentique western de fin du monde. Bref, avec une assurance qu’on ne lui connaissait pas encore, Reeves signe un film assez noble, développant ses personnages et son univers avec finesse, jouant sans problème avec les conventions (Bad Ape par exemple devrait devenir un cas d’école de sidekick rigolo utilisé à bon escient).

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Le Colonel (Woody Harrelson) accompagné d’un gorille à sa solde ; malheureusement, le film ne dit pas si Woody en a une plus grosse que le singe…

Malheureusement, une fois n’est pas coutume, c’est lorsque les singes rencontrent les hommes que La Planète des singes : suprématie s’essouffle considérablement. Passées les belles et longues chevauchées, le blockbuster se rappelle à lui-même dans un camp humain où on nous joue un remake peu inspiré de La Grande Evasion – à moins que ce ne soit Le Pont de la rivière Kwaï pour rester dans le Pierre Boulle. Quoiqu’il en soit, cet épisode carcéral assez laborieux dévie le film de sa belle lancée et prend une déviation permettant de ne pas trop assumer l’envergure biblique évidente de César, plus messie que général, ou alors général tout pourri pour se retrouver une nouvelle fois à la merci des hommes. Matt Reeves piétine donc juste avant la ligne d’arrivée. Dommage car il tenait avec Suprématie un final digne de son titre.

BASTIEN MARIE


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