Valérian et la cité des mille planètes

550722Film de science-fiction « français » (2017) de Luc Besson, avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen et Rihanna – 2h18

Au XVIIIème siècle, le duo d’agents Valerian et Loreline est mandaté par le ministre de la défense pour protéger Alpha, une immense cité intergalactique menacée par les quelques survivants d’une planète détruite trente ans plus tôt…

Vingt ans après Le Cinquième Élément, son film le plus célèbre et peut-être le plus regardable, Luc Besson revient à la science-fiction avec Valérian et la cité des mille planètes, adaptation de la bande-dessinée de Christin et Mézières et blockbuster se vantant d’être totalement français tout en espérant être confondu avec une production hollywoodienne au-delà de nos frontières. Remettant sur le tapis la vie de sa firme Europacorp, soutenue par des fonds chinois, Besson tourne son film dans ses studios tout neufs de la Cité du cinéma avec des acteurs hollywoodiens et des effets spéciaux laissés aux bons soins de WETA.

Avec de tels cadors des effets spéciaux, Valérian et la cité des mille planètes est plutôt joli à regarder, très coloré et riche de détails dans ses décors et sa figuration extraterrestre. Si Le Cinquième Élément était déjà un film assez mémorable dans sa noble ambition de ramener du visuel de bande-dessinée SF française sur grand écran, Valérian devrait donc lui emboîter le pas dans ce domaine, encore que je ne connaisse pas assez le travail de Christin et Mézières pour pouvoir l’affirmer. De plus, l’action aimant à se dérouler entre plusieurs niveaux de réalité, et son enjeu étant de recréer artificiellement le décor d’une planète disparue, Valérian pourrait même se montrer très contemporain à déployer ainsi un futur si attaché à la virtualité, à l’heure où justement les casques de réalité virtuelle se popularisent. Je regrette même de ne pas avoir vu le film en 3D (il paraît qu’il est très bien) tant Besson ne s’est pas foutu de notre gueule sur le plan visuel.

mv5bzdrlngnlmdytyjc5my00ngnlltg5zmmtn2y5mjbmy2m0zwnmxkeyxkfqcgdeqxvyndg2mjuxnjm-_v1_sy1000_cr0014181000_al_
Valérian (Dane DeHaan) se met aux commandes de son jet pour rattraper sa carrière.

Malheureusement, c’est tout le bien que je pourrai dire sur Valérian et la cité des mille planètes tant les vieux démons de Luc Besson reviennent très vite à la charge, et avec eux cette idée archaïque que grand spectacle = plein de trucages dans la tronche. Du coup, le film n’est qu’un Besson de plus dont la gourmandise technique n’excuse pas un scénario écrit par un élève de CE2 où que en fait qu’après toutes les bastons bah c’est l’amour qui gagne. Il ne faut pas plus des dix premières minutes de ses deux grosses heures pour comprendre que Valérian est un Spielberg sous Xanax, confondant progression dramatique avec amoncellement de péripéties assommantes, mettant une éternité à exposer une histoire des plus basiques, avec un Han Solo de supermarché et une allumeuse de l’espace joués par de jeunes acteurs sans envergure. Si ce n’était les effets spéciaux de WETA, Valérian rejoindrait sans peine Judge Dredd et Battlefield Earth au rayon SF pourrie de votre Trocante locale. Et après Les Aventures d’Adèle Blanc-sec (que tout le monde avait déjà oublié d’ailleurs), Besson a perdu une nouvelle occasion de laisser ses BD préférées sur ses étagères.

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s