Dunkerque

mv5bmtgzntu3oty3m15bml5banbnxkftztgwmjg2mzq4mdi-_v1_Dunkirk Film de guerre américano-britannique (2017) de Christopher Nolan, avec Fionn Whitehead, Aneurin Barnard, Harry Styles, Kenneth Branagh, Mark Rylance, Cillian Murphy, Jack Lowden et Tom Hardy – 1h46

En mai 1940, acculés par l’armée allemande sur la plage de Dunkerque, trois cent mille soldats britanniques attendent un rapatriement improbable…

Après le thriller (MementoInsomnia), le film de super-héros (sa trilogie Batman que je trouve assez dispensable), la science-fiction (InceptionInterstellar) et un bijou encore trop négligé (Le Prestige), Christopher Nolan se lance dans le film de guerre avec Dunkerque du nom – peu vendeur – de la ville dans laquelle s’est déroulée la véritable opération Dynamo, un plan d’évacuation miraculeux de l’armée britannique. Tandis que les plus chauvins n’oublieront pas de rappeler qu’il y a déjà un film sur le sujet avec Belmondo (Week-end à Zuydcoote de Henri Verneuil, 1964), Nolan sort les gros moyens pour sa reconstitution : tournage dans un Dunkerque déserté (parfait pour le JT de Pernaut), rappel de tout le matos aéronaval de l’époque dont les bateaux de plaisance réquisitionnés (qui ont droit à un gentil clin d’œil dans le générique de fin), gros casting british et foule de figurants, parmi lesquels un chanteur de One Direction.

Si le débarquement de Christopher Nolan dans le film de guerre pouvait surprendre, surtout avec un film de moins de deux heures, les habitudes du cinéaste reviennent très vite quand il nous indique que l’action de Dunkerque sera découpée en trois cadres spatio-temporels distincts : une semaine sur la plage, un jour sur la mer, et une heure dans les airs. Avec Tom Hardy aux commandes, cette partie aérienne est la plus captivante mais qu’importe, puisque cette structure apporte beaucoup de fraîcheur au genre et place définitivement le film dans l’oeuvre de Nolan, décidément très branché bordel chronologique. Même s’il cède facilement à une logique de cliffhangers successifs parfois irritante, Nolan trouve tout de même un procédé narratif qui fait sens (la précipitation du temps en devient palpable) et qui impressionne vraiment (le cinéaste transforme la plage de Dunkerque en immense théâtre, et passionne le spectateur à imaginer l’énorme logistique d’un tournage en dur, cherchant une authenticité fort appréciable). Si ce n’est le score envahissant et bruitiste de Hans Zimmer, Dunkerque est donc techniquement bluffant et déjà à ranger à côté du Jour le plus long.

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Farrier (Tom Hardy) le Mad Max de Dunkerque !

Mais encore une fois chez Christopher Nolan, c’est là aussi que Dunkerque trouve très vite sa limite : aussi pertinent et soigné puisse-t-il être, le procédé imaginé par l’auteur trop cérébral peine à créer l’émotion. Brassant les temporalités, Nolan ne parvient pas à les incarner dans des personnages suffisamment marquants, et les acteurs, à l’exception de Hardy et Mark Rylance, semblent eux aussi en transit, attendant patiemment que le film se passe. Soit, transformer le film de guerre en survival est une idée intéressante, mais qui n’a un effet que très immédiat : contrairement à Interstellar, l’expérience de Dunkerque ne nous poursuit pas à la sortie de la salle. Le suspens et la tension du film restent chevillés à la plage et à la mer du Nord, mais le trauma ne se ramène pas chez la mère patrie, ce qui se ressent dès le dénouement triomphant un peu bidon (sauf quand il concerne Tom Hardy, décidément incontournable). L’efficacité de Dunkerque n’empêche donc pas une frustration certaine, à l’image du personnage de Fionn Whitehead dont on ne saura jamais s’il a enfin réussi à faire caca…

BASTIEN MARIE


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