K.O.

318227Thriller français (2017) de Fabrice Gobert, avec Laurent Lafitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmaï, Clotilde Hesme et Zita Hanrot – 1h55

Patron intransigeant d’une chaîne de télévision, Antoine Leconte se réveille d’un coma après s’être fait tiré dessus par un de ses présentateurs. Et le réveil est difficile puisque toutes les personnes de son entourage ont considérablement changé et lui-même se retrouve à présenter la météo…

Le succès de son premier film Simon Werner a disparu (2010) a permis à Fabrice Gobert d’être reconnu comme un espoir du thriller français, position renforcée par la réalisation de la série Les Revenants. Il revient donc au grand écran fort de cette bonne réputation avec K.O. racontant le cauchemar post-coma d’un Vincent Bolloré – la chaîne de télé du film s’appelant C, on a très envie d’ajouter anal derrière. Ce requin du PAF, le fictif, est joué par Laurent Lafitte, devenant un acteur sérieux depuis Elle, dominant un casting prestigieux. La sortie de K.O. s’est calée sur la Fête du cinéma, ce qui honnêtement n’est pas très bon signe : le nouveau film de Fabrice Gobert n’est-il qu’un traquenard comptant gonfler ses entrées grâce aux places à 4€ ?

La réponse est clairement oui puisque K.O. n’est qu’un thriller ankylosé laissant ses spectateurs dans un coma aussi profond que celui de son personnage. Le scénario du film ne compte que sur un jeu de chaises musicales dans lequel tous les personnages changent de fonction, ce qui provoque moins un vertige existentiel qu’une peur beaucoup plus futile et terre-à-terre de chute dans la hiérarchie. Sur le thème du burn-out et du harcèlement au travail, sur lequel se jette K.O. sans vouloir s’en donner l’air, il faudra lui préférer Corporate. Le film de Fabrice Gobert n’est, lui, que très superficiel et poussif, ne parvenant à signifier le mystère de son intrigue qu’en demandant à ses acteurs de laisser systématiquement passer dix secondes entre chaque réplique (d’où la durée de 1h55 en cumulant tous les anges qui passent). Parlons-en des acteurs : malgré sa conviction, Laurent Lafitte joue un personnage ne se défaisant jamais de la profonde antipathie qu’il inspire, et seule Zita Hanrot, la révélation de Fatima, se dépatouille joliment de son double-rôle.

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Antoine Leconte (Laurent Lafitte) envoie balader sa secrétaire Dina (Zita Hanrot) ; pourtant, c’est bien elle qui a un César.

Que K.O. ne soit qu’un thriller ennuyeux avec un esthétisme de papier glacé, passe encore, il y en a tant d’autres. Que ce soit un hommage à Alain Gillot-Pétré, c’est déjà beaucoup plus singulier. Mais non, fatalement, Fabrice Gobert franchit le cap de l’humour involontaire (forcément quand on voit l’obsessionnel premier degré du film) et devient risible quand il se frotte au mentor David Fincher. En plus d’être un remake raté de The GameK.O. se permet même de se mesurer, le plus sérieusement du monde, à Fight Club ! A partir de là, Gobert ne peut plus se rattraper à aucune bouée et non content de chuter dans le cinéma français, il se grille ses chances à l’international en visant des ambitions bien trop grandes pour lui. Décidément, après L’Amant double, l’encéphalogramme reste bien plat pour le thriller national…

BASTIEN MARIE


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