Wonder Woman

mv5bmjewndazntm5n15bml5banbnxkftztgwody0ndazmji-_v1_sy1000_cr006741000_al_Film de super-héros américain (2017) de Patty Jenkins, avec Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright, Danny Huston, Elena Anaya, David Thewlis, Saïd Taghmaoui et Ewen Bremner – 2h21

Sur la paisible île de Themyscira cachée du dieu de la guerre Arès, la princesse amazone Diana est formée dès son plus jeune âge à devenir une guerrière. Quand le pilote Steve Trevor, échappé de la Première Guerre mondiale, se crashe sur l’île, Diana veut le suivre dans le monde extérieur pour mettre fin au conflit sous le nom de Wonder Woman…

Introduite dans le catastrophique Batman vs Superman, Wonder Woman a naturellement droit à son film solo que la Warner a eu l’idée de confier à une femme pour s’attirer les faveurs des critiques et du public qui ne pourraient pas attaquer un film prétendument féministe. Sauf que passé l’indisponibilité de Kathryn Bigelow tournant Detroit, la liste des candidates est très courte à Hollywood. Ils n’ont donc pas trouvé mieux que Patty Jenkins, n’ayant pas tourné pour le cinéma depuis son unique long-métrage Monster il y a quinze ans, pour se frotter à l’Amazone campée par Gal Gadot. Il ne faut donc pas s’étonner que, levé le voile très mince de féminisme qui enrobe sa sortie, Wonder Woman est un nouvel échec de l’écurie DC Comics à peine plus soigné que les purges précédentes Batman vs Superman et Suicide Squad.

Le film commence par une photo que Bruce Wayne envoie (avec un camion de son entreprise, alors qu’un message privé sur Facebook aurait fait l’affaire) à sa copine Wonder Woman avec un mot genre « Faudras ke tu me raconte 7 histoire 1 jour 😉 ». Voilà la première incursion féministe du film : l’histoire de Wonder Woman est racontée à la manière d’un journal intime de lycéenne. Et cette aventure nous balade de la mythologie grecque digne de Xena, la guerrière aux tranchées de la Première Guerre mondiale mais avec des nazis, en passant par un Londres recyclé avec les décors et costumes des Animaux fantastiques et un climax sur un parking hongrois noyé sous un déluge de CGI nauséabonds. Si la Warner attendait de Patty Jenkins qu’elle soit aussi stupide et burnée que Zack Snyder, coproducteur et coscénariste de la chose, alors Wonder Woman répond tout à fait au cahier des charges du parfait naufrage de DC Comics.

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Steve Trevor (Chris Pine) drague le docteur Maru (Elena Anaya) à un congrès des nazis de la Première Guerre mondiale : « Excusez-moi de vous déranger, je vous avais adorée dans La Piel que habito, mais qu’est-ce que vous faites dans cette bouse ? »

Pourtant, beaucoup de monde semble avoir mordu à l’hameçon puisque Wonder Woman jouit d’une réputation plus flatteuse que ses prédécesseurs, surtout outre-Atlantique où il ne devrait donc pas s’aligner sur les Razzie Awards pour lesquels il serait pourtant un bon candidat. Je veux bien lui reconnaître quelques maigres qualités comme son casting hétéroclite composé de quelques bonnes trognes européennes. Une bonne méchante avec le docteur Maru jouée par Elena Anaya de La Piel que habito (malheureusement pour elle, le féminisme ne s’applique pas aux bad guys). Et même, pourquoi pas, un plaisir kitsch puisé dans son premier degré naïf. De la naïveté, l’héroïne n’en manque pas d’ailleurs, Gal Gadot se montrant pleine de conviction pour jouer une super-héroïne qui, hors de son île natale et de toute la culture qu’elle y a acquise, devient une cruche bête comme ses pieds ! A moins que Snyder ait voulu se référer au Candide de Voltaire (hypothèse fort improbable), ce défaut infantilise considérablement tout Wonder Woman, voulant nous inculquer un message hyper nian-nian d’amour plus fort que la guerre tout en n’ayant aucun état d’âme à massacrer toute la très très méchante armée allemande. Une haute ambiguïté morale rarement atteinte dans le genre, s’accompagnant d’incohérences à tous les étages et d’un féminisme qui, pour en finir avec cette rumeur persistante, tourne quand même autour de la taille de la quéquette de Chris Pine ! Bref, si j’ai bien compris, Wonder Woman c’est l’histoire d’une gamine de sept ans qui peut rayer un pays de la carte quand elle est colère…

BASTIEN MARIE


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