Alien Covenant

133613Film de science fiction américain (2017) de Ridley Scott, avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demian Bichir et Callie Hernandez – 2h02

Attention, cette bafouille peut contenir des spoilers ! Merci de votre compréhension.

L’équipage du Covenant, un énorme vaisseau colonial, intercepte un mystérieux message de détresse d’une planète d’apparence habitable mais qui couve un danger mortel…

Damant le pion à Neil Blomkamp et Sigourney Weaver, Ridley Scott entend bien rester le principal architecte de la saga Alien avec cet Alien Covenant faisant directement suite à son mal-aimé Prometheus. En 1979, Alien, le huitième passager était un pur concept de série B jouissant des moyens d’une série A ; c’est ce dont semble s’être souvenu Scott avec Alien Covenant, tentant de retrouver ce magique équilibre malgré des ambitions beaucoup plus grandes et avec une désinvolture un brin arrogante.

On ne peut pas se cacher que dans de telles conditions, Alien Covenant devient un blockbuster schizophrène peinant à associer ses enjeux entre la pureté du film inaugural et la métaphysique de Prometheus. Le voyage commençait pourtant bien à bord du Covenant : même s’il ne retrouve pas un équipage digne du Nostromo, Ridley Scott excelle toujours à nous fasciner avec l’éternel récit de SF pionnière. Puis quand ils posent le pied sur la nouvelle planète, Scott nous chope avec une horreur nerveuse emballée dans une mise en scène héritière de La Chute du faucon noir. Soudain, un double entre en scène et Scott doit interrompre ses folies de série B pour ne les retrouver qu’aux climax. Entre-temps, il doit nous expliquer lourdement le propos nietzschéen de sa nouvelle saga, en posant une option sur un improbable crossover avec Blade Runner.

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En fait, Ridley Scott nous a tendu un piège digne de ses vilaines bestioles : nous appâtant avec un shocker craspec et tendu, il nous assomme ensuite avec un énorme ventre mou bavard dédié à la double performance, certes remarquable, de Michael Fassbender. Dans ce sas de décompression, dont on ne sait s’il affirme ou s’excuse des propositions de Prometheus (les Ingénieurs ne vous ont pas plu ? Bah on va s’en débarrasser alors !), Scott déploie des thématiques pessimistes passionnantes sur le papier d’un script mal dégrossi, mais barbantes à l’écran. Il y a quelques très belles séquences (la leçon de flûte, le génocide des Ingénieurs) mais au bout de combien de tunnels explicatifs ? Et le pauvre Fassbender qui doit faire rentrer son vertige prométhéen dans une panoplie de méchant de James Bond…

Et après ça, Scott veut qu’on se remette illico dans l’humeur d’un actioner SF bourrin ou d’un slasher intergalactique. Entre-temps, il a tenté d’offrir une synthèse de son cinéma qu’on rapprocherait volontiers du délire masturbatoire de David. En attendant, Alien Covenant ressemble à une créature de Frankenstein, collant du score de Jerry Goldsmith par ci, du péplum biblique par là, et des machinmorphes un peu partout. Scott aurait prévu quatre autres suites : il faut bien ça pour recoller tous les morceaux ! Dommage qu’il n’utilise pas les ciseaux de Roger Corman : deux bobines de moins au milieu du film, un plan frontal sur les nichons de Callie Hernandez, et à défaut on tenait une bonne suite de La Galaxie de la terreur.

BASTIEN MARIE


2 réflexions sur “Alien Covenant

  1. Perso, j’attendais un film qui parlerait des Ingénieurs et de leur planète d’origine, en liant ca avec les Aliens (qui sont en gros dérivés de « l’arme » qu’ils avaient mise au point pour exterminer l’humanité dans Prometheus)(où c’est passé ça hein ?)(on sait pas).
    A la place, on te vend une bouse infâme (j’exagère, visuellement, c’est beau) avec des pseudo interrogations dedans sur les origines de l’homme. J’avoue être déçue que toute la mythologie autour du xénomorphe (enfin, l’absence de mythologie plutôt) soit expédiée en deux secondes sous couvert d’un délire mégalo de David, l’androïde joueur de flûte de pan (en ce qui me concerne, cette scène m’a surtout provoqué un fou rire abominable, mais bon, il en faut pour tout le monde hein).

    Une grosse, grosse, GROSSE déception, quoi.

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