Get Out

mv5bmtkxmda0nziymv5bml5banbnxkftztgwmdgwmzc0mti-_v1_sy1000_cr006751000_al_Thriller américain (2017) de Jordan Peele, avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Bradley Whitford, Catherine Keener, Caleb Landry Jones, Lil Rel Howery et Lakeith Stanfield – 1h44

Le jeune afro-américain Chris va passer le week-end chez les parents de sa copine blanche Rose Armitage. L’accueil chaleureux de sa belle-famille libérale ne suffit pas à faire oublier à Chris que quelque chose ne tourne pas rond chez les Armitage…

On a pris l’habitude de voir Jason Blum casser la baraque avec des films d’horreur ou des thrillers à bas prix, encore très récemment avec l’excellent Split. Toutefois, l’auteur de ce Get Out surprend : Jordan Peele est un comique, moitié du duo Key & Peele qui a déjà eu droit à son aventure cinématographique avec Keanu (2016). Peele est cette fois le seul auteur de Get Out, sa première réalisation. Et naturellement ça cartonne en cette époque étrange entre Obama et Trump et des précautions des Oscars pour éviter des procès de white washing.

La contemporanéité de Get Out et son sujet sensible est donc ce qui a assuré, au-delà de la formule Blumhouse, son succès public et critique quasi unanime outre-Atlantique. Toutefois, ce succès ne devrait pas être éphémère et Get Out devrait aisément survivre à son buzz car Jordan Peele signe une série B très réussie et fort à l’aise avec son sujet contestataire. En effet, cela faisait un moment, devant un film de genre, qu’on n’avait pas apprécié des qualités d’écriture et de réalisation autant pour la graduation de la tension que pour l’élaboration de son propos politique. Tandis qu’on se balade dans la propriété des Armitage, en s’amusant à saisir les répliques prémonitoires, Get Out nous dévoile ses mystères comme autant de révélateurs de la perception des noirs aux Etats-Unis et entend bien politiser l’effroi qui gagne le spectateur.

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Chris (Daniel Kaluuya) retrouve une vieille connaissance (Lakeith Stanfield) : « Eh brother, qu’est-ce que tu fous avec ce style de blanc ?! »

Saisissant à bras-le-corps le racisme persistant dans l’Amérique même – surtout ? – post-Obama, Jordan Peele ne se détache pas de son humour noir, son brûlot cherchant constamment le rire nerveux du public. Constamment, Get Out fait succéder à son humour (un peu lourd quand intervient le pote de Chris) des images glaçantes d’enchères silencieuses ou de séances d’hypnose oppressantes. Peele nous place habilement dans l’inconfort d’une société pas aussi moderne qu’elle le prétend et, malgré ses quelques défauts (à partir d’un moment, Peele se contente facilement des codes du genre), Get Out reste un premier film très bien tenu, un nouveau succès Jason Blum ayant un petit supplément d’âme plus subtil que dans ses American Nightmare.

BASTIEN MARIE


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