Les Gardiens de la galaxie Vol. 2

mv5bmtg2mzi1mtg3of5bml5banbnxkftztgwntu3nda2mti-_v1_sy1000_cr006741000_al_Guardians of the Galaxy Vol 2 Film de super-héros américain (2017) de James Gunn, avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Michael Rooker, Karen Gillan, Pom Klementieff, Sylvester Stallone et Kurt Russell – 2h16

Attention, cette bafouille contient du spoil ! Merci de votre compréhension.

Pris en chasse par les Souverains à qui ils ont volé de précieuses batteries, les gardiens de la galaxie sont sauvés par Ego qui n’est autre que le père de Star Lord. Il est aussi un dieu qui les invite sur sa planète où il couve un sombre projet…

Avec Les Gardiens de la galaxie, James Gunn avait sans peine signé le meilleur film Marvel depuis le rachat de Disney : son aventure intergalactique fun était portée par des personnages bien incarnés et un héritage pop et pulp parfaitement dosé pour en faire un blockbuster attachant. Naturellement, Marvel joue les prolongations (à savoir, ne pas les greffer aux Avengers tant qu’ils peuvent faire du pognon tout seuls) et reconduit Gunn à la réalisation et au scénario de ce second opus, vraiment risqué celui-ci. La tagline de la bande annonce claironnait « Tout le monde peut sauver la galaxie… une fois » ; c’est aussi de cette façon qu’on peut résumer le challenge de Gunn, tout le monde pouvant tourner un bon film… une fois. Et puis à la vue de l’excellente séquence d’ouverture, on se dit que Gunn aurait pu avoir réussi son coup. Non pas avec le rajeunissement, certes bluffant, de Kurt Russell, mais avec la séquence générique où l’on suit Baby Groot danser sur Electric Light Orchestra pendant que le reste de la bande se bastonne avec un poulpe géant. Astucieux déplacement des enjeux, bande son furieusement 70’s et 80’s, mise en scène énergique et rigolarde et persos automatiquement sympathique (Baby Groot, il est trop mignon !) semblent effectivement assembler une bonne définition des Gardiens de la galaxie. Mais cette quintessence, James Gunn va la perdre de vue aussitôt et pour tout le reste du film.

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Ego (Kurt Russell) fait la leçon à son fils Star-Lord (Chris Pratt) : « Tu vois, fiston, à l’époque on faisait des films vraiment cools comme Jack Burton ou Los Angeles 2013… »

Comme on pouvait malheureusement s’y attendre, la relative surprise du premier film devient une formule pour le second, et James Gunn se montre très prudent pour ne pas perdre ses fans fraîchement acquis. Par conséquent, Les Gardiens de la galaxie Vol 2 n’est qu’un sommet de suffisance au détriment de ses personnages si précieux, plein d’ironie mal placée et sans fondement, de gags potaches et surexpliqués, de caractérisation grotesque et de citations et références hors sujet. Cette « suite » ne fait que proposer des idées éparses dans lesquelles le spectateur devra piocher (s’il ne regarde pas sa montre) et expliciter des relations entre les personnages qu’on avait déjà compris dans le premier. On retrouve bien là le principal travers de la soi-disante maison des idées : ne proposer que de mauvais épisodes de série télé ne s’embarrassant d’aucune structure narrative, en attente d’un cliffhanger qu’on cherche encore parmi les cinq ou six séquences post génériques. Bien malgré lui, Star Lord vise donc juste en se référant à Cheers ! Gunn a beau proposer quelques idées sympas (la flotte des Souverains ressemblant à des jeux vidéo de simulation, la genèse d’Ego intéressante bien qu’inaboutie, quelques images morbides sans résonance), il ne fera pas oublier que son don d’iconoclaste est extrêmement limité.

La preuve la plus criante réside encore une fois dans le personnage d’Ego. Dans une ultime tentative de s’arracher le cœur de Star Lord, Ego se transforme brièvement en David Hasselhoff. Croire que ce genre de vanne peut encore faire rire alors que la star d’Alerte à Malibu collectionne les caméos depuis quinze ans, passe encore. Mais engager Kurt Russell pour lui préférer comme père spirituel Michael Knight plutôt que Snake Plissken, Jack Burton ou même Gabe Cash (puisque Ray Tango est aussi de la partie), ça c’est un crime contre le cinéma et la pop culture ! Vous l’aurez compris, à force de se servir arbitrairement des mauvaises références, Les Gardiens de la galaxie Vol 2 est donc faussement cool, une contrefaçon de badass, faisant retomber l’euphorie du premier volet comme un soufflet et rappelant que James Gunn fut aussi le scénariste de Scooby-Dooet ! Et l’univers Marvel de s’alourdir d’un trou noir de plus…

BASTIEN MARIE


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