On l’appelle Jeeg Robot

261728.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxLo chiamavano Jeeg Robot. Film de super-héros italien (2016) de Gabriele Mainetti, avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilienia Pastorelli1h58

Dans les rues de Rome, un homme est coursé par les forces de l’ordre et, pour leur échapper, plonge dans les eaux peu ragoûtantes du Tibre. Le pauvre bougre prend alors appui sur le mauvais bidon et se retrouve vite à baigner dans un produti toxico-chimico-radioactif qui, je vous le donne en mille, lui confère bientôt de supers super-pouvoirs ! Ce triste sire, ce voleur à la petite semaine, il se nomme Enzo Ceccotti mais bientôt, on l’appellera Jeeg Robot…

Trois ans après Invisible Boy, sympathique petite péloche familiale, un nouveau super-héros transalpin débarque sur nos écrans. Mais cette fois-ci, il faudra tenir les enfants éloignés des salles puisque, si Jeeg Robot n’est peut-être pas aussi bourrin et sauvage que le récent et bien aimé Logan, il s’adresse clairement à un public adulte en présentant un anti-héros particulièrement gratiné. Accro aux pornos, ne s’alimentant que de Danettes à la vanille et n’hésitant pas à allier ces deux activités (!), Enzo Ceccotti tient plus de l’irrécupérable sociopathe que de l’apprenti super-héros. Mais, alors que son voisin et collègue de larcins se fait descendre, tandis que lui ne doit son salut qu’à ses nouveaux dons, Enzo se voit contraint de veiller sur Alessia, une jeune autiste plus portée sur le manga Jeeg Robot que sur le cinéma hardcore hongrois. C’est la relation touchante entre ces deux inadaptés, incarnés avec justesse sous le regard bienveillant de Gabriele Mainetti, qui conduira notre anti-héros à assumer les grandes responsabilités de son grand pouvoir.

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Et forcément, notre Jeeg Robot doit vite faire face à un super vilain, Fabio le Gitan, qui se révèle vite aussi coloré que le pathétique Enzo. Mafieux psychopathe, looké en mode glam rital et amateur de karaoké, ce « Joker romain » est interprété par un Luca Marinelli qui n’hésite pas à en faire des caisses pour notre plus grand plaisir. Si cet affrontement, comme son histoire d’amour, fait de On l’appelle Jeeg Robot un film très fidèle aux codes du genre, Mainetti se démarque par son approche brutale, stylisée mais réaliste, et vient rappeler que, pour parler Mafia, les italiens sont quand même bien placés et n’y vont pas avec le dos de la cuillère !

Largement primé aux quatre coins du monde, salué par Gō Nagai, créateur du manga, On l’appelle Jeeg Robot par son traitement classique mais décalé, se hisse donc aisément au dessus du lot, dans un genre dominé par des blockbusters interchangeables. Humble et généreux, le film de Mainetti, du haut de ses 1,7 millions d’euros de budget, se montre même souvent très impressionnant et il serait dommage pour les amateurs de super-héros, mais aussi pour ceux qui préfère les vigilantes un peu plus crasseux, de passer à côté. Notez… Ça s’appelle Jeeg Robot !

CLEMENT MARIE


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