Cessez-le-feu

092546Drame français (2017) d’Emmanuel Courcol, avec Romain Duris, Céline Sallette et Grégory Gadebois – 1h43

Traumatisé par son expérience des tranchées durant la Première Guerre mondiale, Georges s’est exilé en Afrique. En 1923, il décide de revenir en France où il retrouve son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence…

Après le bon La Confession de Nicolas Boukhrief, où il succédait à Jean-Paul Belmondo dans la soutane de Léon Morin, prêtre durant l’Occupation, Romain Duris s’en va de nouveau en guerre, mais à la Première cette fois. Cessez-le-feu est le premier long-métrage d’Emmanuel Courcol qui avait arpenté le métier en tant qu’acteur et scénariste, notamment pour Philippe Lioret. Sensible aux traumatismes de son grand-père poilu, Courcol a voulu lui rendre hommage en retournant dans les tranchées durant un tournage partagé entre la région d’Angers et le Burkina Faso. A noter également qu’il s’est attaché les services de Tom Stern, chef opérateur de Clint Eastwood et français par alliance !

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Au bar, Georges (Romain Duris) risque de trouver un meilleur terrain d’oubli qu’en Afrique.

Pour la première scène de son premier film, Emmanuel Courcol ne se laisse pas impressionner : un plan aérien plonge droit dans la tranchée puis la caméra colle au casque de Romain Duris (excellent comme à son habitude) cherchant les vivants, à peine discernables des morts, dans les galeries avant que son compagnon ne lui explose au visage ! Autant vous dire qu’on est aussitôt cueilli par la violence des conflits, après quoi on suit Duris et son trauma fort sensible en Afrique avec un compagnon noir qui raconte ses exploits de villages en villages, échangeant ses masques à gaz contre ceux en bois des guerriers locaux. Cette partie africaine du film, vaine échappatoire aux horreurs de la guerre puisque celles-ci finissent par resurgir au cœur de la brousse, est clairement la meilleure de Cessez-le-feu. Il y avait de quoi nourrir un film entier. Malheureusement, Courcol et son héros retrouvent la patrie… et un cinéma plus conventionnel.

Malgré les belles interprétations de Céline Sallette et Grégory Gadebois, il faut bien reconnaître que le triangle amoureux et les cicatrices de guerre que retrouvent Georges au pays est plutôt attendu. Les chocs post-traumatiques, même s’ils étaient ignorés à l’époque, de la Première Guerre mondiale ont déjà été le sujet de très bons films comme La Vie et rien d’autre ou La Chambre des officiers (et même brièvement dans The Lost City of Z !) que Courcol ne peut pas ignorer. Ironiquement, si l’aventure africaine n’était guère une échappatoire pour Georges, il l’était en revanche pour le film, trouvant une approche originale et ouverte d’un sujet rebattu. Cessez-le-feu ne convainc qu’à moitié, et beaucoup grâce à Duris décidément incontournable.

BASTIEN MARIE


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