La conquête

19725453Biopic politique français (2011) de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq, Samuel Labarthe 1h45

6 mai 2007, alors qu’il voit s’ouvrir devant lui les portes de l’Elysée, Nicolas Sarkozy tente de joindre Cécilia sans succès. Retour sur le quinquennat de Chirac, durant lequel il s’est imposé comme ministre de l’intérieur, avec un aller retour aux finances, et a prit le pouvoir de l’UMP avec un seul objectif en tête : devenir président. En parallèle de cette irrésistible ascension, c’est son couple qui vole en éclat.

A l’instar de Bush qui avait eu droit à son biopic par Oliver Stone, Sarkozy voit lui aussi débarquer sur grand écran une adaptation de son histoire alors même que son mandat n’est pas encore terminé. Si voir sa trombine au cinéma aurait eu de quoi flatter l’égo du président bling-bling, il doit (malheureusement pour lui/heureusement pour nous) faire face à une comédie qui le présente tel un Iznogoud qui veut devenir Calife à la place du Chirac. En effet, La conquête (ou la quête du con…) se rapproche plus de la bande dessinée satirique que du film historique. Dans cet épisode au format long et en live des Guignols de l’info, les marionnettes font donc place à Denis Podalydès ou encore Bernard Le Coq qui, respectivement dans le rôle de Sarko et de Chirac, livrent des imitations réjouissantes mais quand même bien forcées. Celles-ci touchent même à la mise en abîme lorsque, au gré de préparations à une interview ou à un débat, Samuel Labarthe joue un Villepin singeant la diction de PPDA ou encore lorsque Frédérique Besnehard en Pierre Charon se lance dans une imitation haute en couleur de Ségolène Royal (sachant que l’agent des stars fut en réalité conseiller en communication de la candidate socialiste…).

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La conquête nous raconte le duel entre Villepin et Sarkozy, désireux de tuer le père Chirac pour régner comme il l’entend, mais, loin d’une tragédie shakespearienne, le film se limite surtout à un best of de leurs « petites phrases ». Outre le plaisir de voir ces répliques croustillantes ainsi mises en scène, on apprend donc rien de plus que ce que l’on savait déjà en ouvrant le premier journal de l’époque venu. Que ce soit l’affaire Clearstream ou l’idéologie libérale de cette figure centrale de la politique des années 2000, tout est traité ici en surface et c’est encore plus regrettable maintenant que l’on sait à quel point les comptes de campagne du candidat n’étaient pas clairs. Souhaitant nuancer sa satire, Xavier Durringer nous montre quelques failles de son personnage, notamment via sa relation avec Cécilia dans des scènes plus sérieuses, qui ne suffisent néanmoins jamais à expliquer le comportement de gros connard du nain jaune de Neuilly. Un portrait à charge donc mais qui peine à convaincre en étant ainsi trop caricatural sans pour autant être vraiment subversif. Reste quand même quelques petites séquences bien vues, comme cette course de journalistes pour filmer le bain de Villepin ou encore l’enregistrement du spot de campagne sur fond vert, qui viennent égratigner avec malice notre système médiatico-politique.

Cette légèreté revendiquée empêche le film de faire vraiment mouche et on ne peut s’empêcher, en revoyant La conquête aujourd’hui, de trouver l’effort un peu vulgaire et bien trop superficiel. Un film à l’image de son héros en talonnettes en somme. Qu’en reste-t-il des années plus tard ? Pas grand chose…

CLEMENT MARIE

Conquete copie


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