Power Rangers

mv5bmta5mzu1ndi4nzbeqtjeqwpwz15bbwu4mduxmdq0ndey-_v1_sy1000_cr006741000_al_Film de super-héros américain (2017) de Dean Israelite, avec Dacre Montgomery, R.J. Cyler, Naomi Scott, Becky G, Ludi Lin, Elizabeth Banks, Bill Hader et Bryan Cranston – 2h04

Dans la petite ville californienne d’Angel Grove, cinq lycéens découvrent un vaisseau spatial et des médaillons dans une vieille mine d’or qui leur confèrent des pouvoirs extraordinaires. On leur apprend qu’ils sont destinés à devenir des Power Rangers, devant défendre la Terre du retour de la terrible Rita Repulsa…

Près de vingt-cinq ans après que Haim Saban ait adapté les sentai japonais pour le public occidental, voilà le reboot – et troisième apparition – cinématographique des Power Rangers. Saban s’associe avec Lionsgate puis demande à Max Landis de réécrire Chronicle en l’adaptant aux guerriers multicolores. Peu enclin à l’autoplagiat, Landis laisse cinq autres scénaristes piller ses travaux antérieurs pour le compte de Dean Israelite, auteur du found footage teenage sans succès Projet Almanac. Avec cette belle bande d’opportunistes chargés de donner des atours vaguement cinématographiques à la dream team du petit écran, on pourrait s’attendre au pire.

mv5bmtk2nzazotiwml5bml5banbnxkftztgwmja5mtkxmti-_v1_sx1777_cr001777924_al_
Bryan Cranston raconte à son protégé le bon vieux temps où il faisait la voix de robots géants dans la première saison de Power Rangers.

Heureusement, on se retrouve juste face à du pas terrible. Après une scène d’ouverture illuminée par l’irrésistible guest starring de Bryan Cranston (qui doublait des robots géants dans la série de 1993 !), Power Rangers n’est qu’une classique origin story s’étirant en longueur (le film avait sérieusement besoin de durer deux heures ?!) quand il ne tire pas grossièrement à la ligne (on a oublié de nous expliquer comment ils survivent à l’accident ferroviaire), d’une linéarité d’un autre âge, pompant autant Chronicle que Superman et sa forteresse de solitude. Dean Israelite a visiblement fait des progrès depuis son pitoyable Projet Almanac dans le portrait de teens, ici un peu moins énervants que la moyenne. Le tout avance doucement sans trop en dévoiler pour le final… malheureusement expédié en vingt minutes.

Quel dommage que l’opportunisme de Power Rangers se ressente surtout sur sa baston finale, resucée mollassonne de Transformers. Parce que jusque là, le film avait honnêtement une certaine candeur naïve pas déplaisante dans sa façon de rebooter aussi archaïquement la série, sans chercher à rendre le propos plus sombre ou adulte (c’eût été suicidaire). La preuve avec cette scène bien trop courte de mano a mano contre des petits monstres rocailleux qui reprend le bon vieux découpage de la téloche (arrivée sur un zoom, combos en contre-plongée, etc) : c’est quand il reprend les codes usés que Power Rangers marche le mieux. Il aurait donc tout gagné à assumer le kitsch désuet de son concept pour mieux se démarquer de la concurrence et nous faire goûter une madeleine beaucoup plus savoureuse que ce film trop calculé qui sera oublié aussi vite que l’épisode vu ce matin avec le bol de céréales.

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s