Ghost in the Shell

mv5bodqwmtbhndetyty3ni00zdrhlthkntatyzjkndeyzte0ntqzxkeyxkfqcgdeqxvymtk1mdm0otc-_v1_sy1000_cr007331000_al_Film de science fiction américain (2017) de Rupert Sanders, avec Scarlett Johansson, Pilou Asbaek, Takeshi Kitano, Michael Pitt et Juliette Binoche – 1h47

Dans un futur proche, le Major est un androïde composé d’un corps synthétique et d’un cerveau humain, récupéré sur la victime d’un naufrage. Sur la piste de Kuze, un puissant hacker, le Major se lance dans une enquête qui va lever le voile sur son passé…

Distributeur américain de Ghost in the Shell 2 : Innocence en 2004, Dreamworks en a profité pour racheter les droits des mangas papiers de Masamune Shirow et cinématographiques de Mamoru Oshii en 2008 et a confié le développement du remake à Avi Arad, l’ancien boss de Marvel. Un Ghost in the Shell US qui ne refera parler de lui qu’en 2014 quand est annoncé Rupert Sanders (Blanche-Neige et le chasseur) à la réalisation, puis Scarlett Johansson dans le rôle principal. Accusations de white washing et protestations de fans manquent de faire réfléchir Dreamworks à ce qu’ils font (rendez-vous compte, ils ont même pensé un moment à « asiatiser » les acteurs numériquement !), mais finalement Ghost in the Shell fait son chemin jusqu’aux salles, Sanders ne tarissant jamais d’éloges à l’égare du film original pour rassurer tout le monde. Mais personne ne semble l’avoir écouté, puisque son Ghost in the Shell se plante royalement au box-office (ce qui devrait heureusement retarder le remake d’Akira).

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Le Major (Scarlett Johansson) en pleine reconstruction. Evidemment, ils n’ont pas encore modelé les parties les plus intéressantes…

Un échec plutôt compréhensible tant ce Ghost in the Shell US, à force de politesse envers son modèle, déçoit beaucoup plus qu’il ne séduit. En gros, les meilleures choses du remake sont ce qu’il prend des films d’Oshii, et les moins bonnes sont ce qu’il ne lui prend pas. Par conséquent, si le film de Rupert Sanders est un peu plus élégant que le tout venant de la prod hollywoodienne grâce à sa déférence pour son modèle, il n’est pas plus incarné que ses concurrents. L’univers SF qu’il déploie est assez banal, singeant un Tokyo futuriste qui aurait très bien pu, tant qu’à faire un remake US, être remplacé par Los Angeles ou New York (ce qui aurait en plus évité à Takeshi Kitano de faire des piges comme au temps de Johnny Mnemonic). S’en tenant à une SF si élémentaire qu’elle emprunte aussi à Matrix ou Blade Runner, Sanders offre donc à son film un Shell très propret et lisse, dont le Ghost est encore plus décevant.

Si on s’attendait évidemment à ce que le propos du manga de Shirow soit extrêmement simplifié, on regrette tout de même que le parcours de la Major ricaine soit aussi calibré. Au quart du film, on se rend compte que ce Ghost in the Shell se pose la question « qui suis-je ? » plutôt que « que suis-je ? », et se vautre dans un récit identitaire hyper attendu qui ne fait guère évoluer la question du rapport humain/technologie. Optant pour la formule hollywoodienne plutôt que pour la métaphysique nippone, Ghost in the Shell n’ambitionne que de retrouver l’ancienne identité du Major (pas étonnant alors que le film ne dure qu’1h40) et, celle-ci étant japonaise, à se risquer à un embarrassant aveu de faiblesse. Plutôt qu’un bon film d’anticipation, ce remake de Ghost in the Shell est en fait un mea culpa à son modèle sur lequel Hollywood n’a pas assez de vingt ans de retard. Et la Scarlett dans tout ça ? Ne pouvant même pas montrer un bout de nichon derrière sa combi en plastique, l’actrice finit par nous lasser de ses numéros d’étranges humanoïdes initiés avec Under the Skin et Lucy.

BASTIEN MARIE


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