La Belle et la Bête

mv5bmtuwnjuxmtm4nv5bml5banbnxkftztgwodexmdqzmti-_v1_sy1000_cr006741000_al_Beauty and the Beast. Film fantastique américain (2017) de Bill Condon, avec Emma Watson, Dan Stevens, Kevin Kline, Luke Evans, Josh Gad, Ewan McGregor, Ian McKellen, Stanley Tucci et Emma Thompson – 2h09

Il était une fois en France au XVIIIème siècle un prince arrogant qui fut changé en bête par une enchanteresse. Une nuit, un vieil artisan entre dans son domaine pour cueillir une rose à sa fille Belle. Il est mis au cachot où le remplace Belle venue le secourir. Prisonnière du château, Belle est aussi celle qui pourrait délivrer la Bête de son sort si elle tombait amoureuse de lui…

Peut-on faire plus belle version de La Belle et la Bête que celle de Jean Cocteau ? Il faudrait déjà réussir à faire plus beau film… Après sa version animée de 1992, Disney repart à l’assaut du chef-d’oeuvre avec un film live continuant le service après vente entamé avec Alice au pays des merveilles et sa suite, MaléfiqueCendrillon et Le Livre de la jungle. C’est au tour du mercenaire Bill Condon, aussi bien capable d’un beau biopic sur James Whale que de vulgaires épisodes de Twilight, de se charger de ce nouveau remake avec la tâche de coller au plus près au film d’animation pour s’assurer la vente des tickets. Pour la vente de poupées en revanche, on repassera puisqu’elles ne rendent pas honneur à Emma Watson…

DIE SCHÖNE UND DAS BIEST
Belle (Emma Watson) et la Bête (Dan Stevens) en pleine valse, romantique pour eux, nauséeuse pour nous.

Pour ceux qui seraient assez crédules pour penser que ce nouveau La Belle et la Bête en chair, en os et en CGI hideux aurait une infime chance de rivaliser avec le film d’animation, nous vous prions de vous arrêter devant les portes de votre cinéma. Sans surprise, La Belle et la Bête est un remake tout ce qu’il y a de plus vain, dégoûtant de la guimauve Disney au bout d’un quart d’heure. D’ailleurs, comment diable la comédie musicale peut-elle être aussi impopulaire de nos jours sous prétexte qu’elle est irréaliste, alors que dans un Disney les spectateurs acceptent volontiers qu’une cruche se mette à pousser des chansonnettes insignifiantes en traversant une mise en scène de podologue ? C’est la seule énigme insondable qui m’ait turlupiné pendant toute la très longue durée du film.

Que voulez-vous, il faut bien tenter de trouver du mystère dans un film qui déroule ses enjeux comme une liste de courses. La Belle et la Bête ne se limite pas qu’aux poncifs du conte, il en oublie même le sens. Parce que beauté intérieure, mes fesses : tout ce qu’on a, c’est une Emma Watson tombant sagement amoureuse d’une ignoble moumoute infantile et pataude, dont elle attendra prudemment qu’elle prenne forme humaine pour l’embrasser. En effet, on ne peut pas faire plus opposé à Cocteau qui nous faisait redouter la finalité du conte. Ici, au contraire, la fin est un grand soulagement (ouf, c’est un beau mec !), surtout pour les producteurs qui pensaient qu’il fallait bien finir par les montrer tous ces Dan Stevens, Ewan McGregor, Stanley Tucci et Emma Thompson, parce que putain, on les a payé ces acteurs ! Bref, les machinations des exécutifs sont partout ostensiblement visibles dans le château enneigé, malgré tous les efforts de Bill Condon pour faire virevolter sa caméra partout et tout le temps afin de faire passer le tout pour une attraction de Disneyland. Histoire que les spectateurs ne gerbent pas pour rien…

BASTIEN MARIE


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