The Lost City of Z

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Au début du XXème siècle, le major Percival Fawcett est chargé par la Société Royale de Géographie de tracer les frontières entre le Brésil et la Bolivie, expédition idéale pour redorer son blason familial. Au terme de son périple le long de l’Amazone, Percy trouve des artefacts prouvant selon lui l’existence d’une cité perdue au cœur de la jungle qu’il appelle Z. De retour en Angleterre, Percy va tout faire pour convaincre le monde de l’importance de sa découverte et monter une nouvelle expédition…

En 2008, la sortie du best seller The Lost City of Z : A Tale of Deadly Obsession in the Amazon de David Grann coïncide avec la réhabilitation de Percival Fawcett quand des découvertes dans la jungle amazonienne semblent confirmer que sa cité perdue n’était pas qu’un fantasme. Toute cette histoire fleurant bon le cinéma d’aventures à l’ancienne, Brad Pitt achète aussitôt les droits d’adaptation du livre qu’il confie à James Gray, tout en s’envisageant dans le rôle titre avant qu’un éclair de lucidité ne lui rappelle qu’il n’est pas anglais ni très jeune. En attendant de trouver sa star idéale, Gray développe son projet parallèlement au tournage de The Immigrant, emballé par l’ambition d’un film allant de la jungle amazonienne au front de la Première Guerre mondiale. Après l’indisponibilité de Benedict Cumberbatch, Brad Pitt propose Charlie Hunnam à Gray et ce dernier embarque l’acteur de Sons of Anarchy dans un tournage de cinq mois, relativement court pour une production de cet acabit.

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Percival Fawcett (Charlie Hunnam) au travail : sa vision est aussi folle que celle de James Gray !

Quittant pour la première fois son New York de prédilection, James Gray ne s’y est pas trompé en se passionnant pour ce projet autant que son personnage pour sa cité perdue : l’évident parallèle entre l’exploration du protagoniste et celle de son auteur n’est qu’un élément de ce film riche, ample et magistral qu’est The Lost City of Z. L’excellente facture du film frappe dès la première scène (une chasse à courre qui en dit forcément long sur la suite des événements) et Gray nous fait montre une nouvelle fois de sa grande maîtrise d’un cinéma classique mais puissant, dont la constance et la cohérence impressionnent toujours plus. Ce classicisme permet à The Lost City of Z de se ranger tranquillement du côté de David Lean ou John Huston et, refusant de céder au psychédélisme et à la folie qu’Aguirre ou Apocalypse Now ont entre temps imposé dans le genre, Gray trouve en Percy Fawcett le parfait simulacre de la façon dont son cinéma traite tout aussi intelligemment l’obsession. Comme le cinéaste, Fawcett s’accroche rationnellement à son objectif et résiste, comme tous les héros de Gray, aux pressions de son environnement grâce à sa forte intuition. Dans le rôle titre, Charlie Hunnam trouve enfin l’occasion d’imposer son charisme sur grand écran, avant d’aller jouer au roi Arthur pour Guy Ritchie (outch).

Pour autant, The Lost City of Z n’est pas un film suranné ou vieillot, pillant la grandeur du cinéma d’aventures d’antan. La modernité du film, Gray la transmet dans ses thématiques progressistes portées par ses personnages passionnants (l’ami Robert Pattinson, l’épouse Sienna Miller et le fils Tom Holland trouvent aussi de nobles seconds rôles). The Lost City of Z s’impose comme un film profondément humaniste grâce à l’évolution de son personnage qui, parti à l’aventure pour des intérêts tout personnels, finit par devenir un défenseur des cultures indigènes et anticiper le vacillement du monde occidental. En décrivant aussi parfaitement ses personnages que le monde dont ils sont issus sans gâter la fluidité du périple, Gray rend un hommage bouleversant à Fawcett, pionnier à tous les niveaux, tout en conservant l’ambiguïté de sa fascination et de son destin ; si lui ne doute jamais, le spectateur a du mal à savoir quand il a passé le seuil du fantasme. Après avoir excellé dans le film noir, Gray rend donc ses lettres de noblesse au cinéma d’aventures, de manière beaucoup plus sincère et pérenne qu’un The Revenant par exemple, tout en le liant à des préoccupations très contemporaines. L’odyssée de Percival Fawcett n’en finit donc pas de fasciner, et la maestria de The Lost City of Z non plus.

BASTIEN MARIE


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