Kong : Skull Island

mv5bzdi1mtjknjqtzmrmmc00zdgxlwiwzjgtowvingy1ytq0mwvjxkeyxkfqcgdeqxvymtk1mdm0otc-_v1_sy1000_sx666_al_Film d’aventures américain (2017) de Jordan Vogt-Roberts, avec Tom Hiddleston, Brie Larson, Samuel L. Jackson, John Goodman et John C. Reilly – 1h58

Des scientifiques d’une agence gouvernementale, accompagnés de militaires tout juste sortis du Vietnam, explorent une mystérieuse île qu’ils viennent de découvrir par satellite. Une fois sur place, tout ce beau monde va découvrir que l’exploration scientifique va se changer en lutte pour la survie face aux créatures qui peuplent l’île, parmi lesquelles un gros singe…

Quand la Warner et Legendary ont demandé son avis à Peter Jackson sur un nouveau King Kong, il leur a suggéré de le confier à Guillermo Del Toro. Le mémo sur lequel il a noté le nom du réalisateur du génial Pacific Rim, les pontes se sont torchés avec, et ont préféré confier Kong : Skull Island à Jordan Vogt-Roberts, à peine remarqué par un premier long-métrage indé (The Kings of Summer, 2013), en lui précisant bien que la finalité du film est de préparer le terrain à un imminent Kong vs Godzilla, comme si les gigantesques créatures étaient soudain devenues des héros de comic books. Avec ses gros sousous, son gros casting, ses gros effets spéciaux et son gros poilu (je veux dire Kong, pas John C. Reilly), Kong : Skull Island a finalement de quoi rendre fier Dino de Laurentiis. Mais attention, le Laurentiis de King Kong 2 !

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C’est à Kong que tu parles, crâne d’œuf ?

Kong : Skull Island est un bon nanar de 200 millions de dollars, tout à fait symptomatique de la déraison hollywoodienne actuelle qui tente de recycler et d’assembler n’importe quel élément de pop culture sans rien y comprendre. Le compost de Jordan Vogt-Roberts essaie ainsi de greffer le monstre de Cooper et Schoedsack avec Apocalypse Now, avec comme table d’opération une jungle numérique sortie de Far Cry et comme scalpel le hachoir d’un monteur de mauvais tributes YouTube. Forcément, Kong : Skull Island devient un gloubiboulga qu’on peine à digérer pendant deux heures, dans lequel le gros singe, qui s’appelle Kong je crois, fait de la figuration avec deux trois bastons de ci de là, et dont on précise qu’il est gentil et solitaire avec des dialogues débiles qu’on dit à Tom Hiddleston et Brie Larson, empêtrés dans les marécages et des personnages complètement insignifiants.

Faisant fi de toute cohérence quelqu’elle soit, Jordan Vogt-Roberts assomme son spectateur d’innombrables money shots qu’il assène comme un gosse hyperactif et épuisant, ou comme ce soldat, tout sourire, qui se régale des explosions qui se reflètent dans ses grosses lunettes de soleil. Ce mélange irrationnel d’imagerie vietnamienne (complètement gratuite, naturellement), de FPS, de film de commandos, de film d’aventures et de creature feature peut séduire le fan de bisseries ou de mockbusters, ravi de voir un tel budget chier un résultat si atterrant. Mais l’immense superficialité du film et l’haïssable conviction de ses auteurs à penser que leur débilité est le summum du cool vont plutôt insulter le fan boy, consterné par la profanation manifeste du mythe Kong (ils ont bien fait de ne pas mettre King dans le titre). Finalement, c’est même pas sûr que Laurentiis eût aimé…

BASTIEN MARIE


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