Split

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A la suite d’une fête d’anniversaire, trois lycéennes sont enlevées et séquestrées par un homme souffrant de sérieux troubles dissociatifs de la personnalité, faisant cohabiter dans son esprit pas moins de vingt-trois identités distinctes…

Split marque le grand retour de M. Night Shyamalan, l’ancien golden boy hollywoodien de Sixième Sens et Incassable tombé dans les abîmes d’échecs primés aux Razzie Awards tels que Le Dernier Maître de l’air ou After Earth. Depuis cette vertigineuse chute, Shyamalan semble s’être refait une santé chez Jason Blum et ses petits budgets et grands rendements. D’abord avec The Visit, film remarqué dans le genre peu glorieux du found footage, puis avec ce Split, thriller revenant à ceux de sa gloire.

Effectivement, Shyamalan renoue avec son meilleur niveau avec Split, son film le plus réussi depuis Incassable. Comme au bon vieux temps, on a affaire à un thriller retors, dont le procédé n’est simple qu’en apparence, qui permet à l’auteur de retrouver toute son aisance de scénariste et de réalisateur ingénieux. En tant que scénariste, Shyamalan nous signe un huis-clos tendu tout en évitant pas mal de pièges du survival classique, et en développant intelligemment  son aspect psychologique virant au fantastique. Et comme réalisateur, il nous assène la virtuosité de sa mise en scène dès la séquence de l’enlèvement, avant d’exceller dans la suffocation des personnages devenant celle du spectateur. Le réalisateur de Sixième Sens retrouve donc sa meilleure veine hitchcockienne (dès un générique que n’aurait pas renié Saul Bass) pour traiter d’un personnage qui ressemble à une version paroxystique du Norman Bates de Psychose. James McAvoy s’éclate comme un fou avec son rôle de psychopathe à multiples facettes, trouvant toujours la juste dose entre cabotinage et subtilité pour maintenir son perso très inquiétant. Face à lui, Anya Taylor-Joy confirme tout le bien qu’on pensait d’elle en la découvrant dans The Witch, jouant une ado introvertie qui se révélera être une victime coriace.

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Kevin (James McAvoy) montre sa plus belle tête de psychopathe. Et encore, là, c’est sa personnalité la plus inoffensive…

Evidemment, Split est plein de surprises, à tel point que je ne sais plus jusqu’où je peux vous parler du film sans trop en révéler. Split est un survival étouffant mais dans lequel la relation entre le traqueur et la traquée n’est pas aussi divisée que ne l’annonce le titre, débouchant sur une vision particulièrement pessimiste de l’humanité. De même que les flashbacks de l’héroïne servent moins à lui confier des armes pour sa survie que des clés de compréhension de son ennemi. Quant à la toute fin du film (fermez les yeux maintenant !), Shyamalan l’égaye d’un cliffhanger qui n’a rien à voir avec la facilité hollywoodienne actuelle mais plutôt avec la réaffirmation de l’auteur comme un maître du cinéma méta qui renvoie tout le postmodernisme ambiant à sa vanité. Bref, Split est une grande réussite et assurément le come back inespéré de Shyamalan, mais le gaillard excelle tellement dans l’inattendu que je peux juste vous dire de courir le voir sans trop vous expliquer pourquoi.

BASTIEN MARIE


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