Melinda et Melinda

Melinda and Melinda. Comédie dramatique américaine (2004) de Woody Allen, avec Radha Mitchell, Chloë Sevigny, Jonny Lee Miller, Will Ferrell, Amanda Peet et Chiwetel Ejiofor – 1h39

Deux amis dramaturges, l’un écrivant des pièces tragiques et l’autre comique, s’amusent à savoir de quel registre relève le sens de la vie. Pour cela, une seule et même histoire : après un mariage désastreux et des années d’absence, Melinda fait irruption dans le dîner et la vie d’un couple d’amis…

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Susan (Amanda Peet) et Hobie (Will Ferrell) jettent un coup d’oeil au script pour se rappeler s’ils sont dans le drame ou la comédie.

En descendant à ma cave, je suis retombé sur ce petit Woody Allen cuvée 2004. Bon, le tout début du XXIème siècle n’était pas une très bonne période pour celui qui était encore un cinéaste new yorkais. Pour autant, il faut reconnaître que le pitch fait envie : la vie est-elle essentiellement comique ou tragique ? Un champ de réflexion a priori passionnant à explorer de la part d’un réalisateur à l’aise avec l’un ou l’autre registre.

Bon, Melinda et Melinda a du nez, mais le goût en bouche est plutôt amer – et j’arrête là mes allégories œnologiques, je suis trop limité dans ce domaine. Il ne faut pas longtemps dans la présentation plan plan des deux histoires pour se rendre compte que le jeu d’Allen tourne court. L’approche trop théorique de son film l’empêche d’être convenablement incarné. A l’exception de Radha Mitchell dans le double-rôle titre qui trouve sa meilleure prestation easy (le reste de sa carrière étant assez discrète), le reste du cast est loin d’être aussi inspiré que l’auteur. La preuve avec l’interprétation peu imaginative de Will Ferrell, se contentant de singer péniblement le style du Allen de devant la caméra.

De toute façon, les dès étaient pipés dès le départ. Les deux histoires et leurs personnages s’adaptent trop à leur registre respectif (le mari par exemple est alcoolique dans le drame et maladroit dans la comédie) pour que la thèse de Melinda et Melinda soit tout à fait probante. La plus grosse erreur du jeu vient encore une fois du casting : pourquoi Radha Mitchell est-elle la seule à avoir les deux rôles ? Que chaque acteur joue les deux facettes de son personnage aurait été beaucoup plus ludique et intéressant. A force de ce genre de petites entorses aux règles qu’il a lui-même fixées, Woody Allen passe donc à côté de son exercice narratif et fait de Melinda et Melinda non pas son plus mauvais film mais assurément le plus décevant. Heureusement, il se rattrapera dès l’année suivante loin de New York avec Match Point. En attendant, si un autre réalisateur fâché avec la distinction drame/comédie des Golden Globes veut en faire un remake…

BASTIEN MARIE

Autre film de Woody Allen sur le Super Marie Blog : Wonder Wheel (2017)


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