Passengers

Film de science fiction américain (2016) de Morten Tyldum, avec Chris Pratt, Jennifer Lawrence, Michael Sheen et Laurence Fishburne – 1h56

Attention, ce qui suit peut contenir du spoil !

Plus de 5000 passagers terriens sont plongés dans un hyper-sommeil de 120 ans, le temps que dure leur voyage vers la planète coloniale Homestead. Mais le vaisseau est percuté par un astéroïde, ce qui dérègle le cocon du passager Jim Preston. Condamné à rester seul dans le vaisseau pendant 90 ans, Jim tombe amoureux de la belle écrivaine endormie Aurora Lane, tant qu’il décide de la réveiller également…

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Aurora (Jennifer Lawrence) et Jim (Chris Pratt) flirtent tranquillement dans leur beau vaisseau. En perdition, mais beau quand même.

Long chemin à parcourir que celui du scénario de Passengers, apparemment le premier de son auteur Jon Spaihts qui a ensuite prêté main forte aux scripts de The Darkest HourPrometheus et Doctor Strange. Blacklisté à Hollywood en 2007, Passengers a d’abord trouvé preneur chez Company Films, la boîte de Keanu Reeves qui devait jouer le rôle principal avec Rachel McAdams devant la caméra de Marc Forster (World War Z). Mais en quelques années, le projet s’est considérablement upgradé avec un budget de 110 millions de dollars et l’arrivée de Sony dont le logiciel de casting a préconisé Chris Pratt et Jennifer Lawrence dans les rôles principaux, dirigés par Morten Tyldum, le réalisateur norvégien auréolé de sa mystérieuse nomination à l’Oscar pour son moyen Imitation Game.

Alors qu’est-ce qu’il donne ce Passengers ? Ça ressemble à un Titanic dans l’espace sauf que l’iceberg arrive dès le début. Ou à un Seul au monde dans l’espace parce que Chris Pratt, à un moment, il a une barbe. Ou à Wall-E avec des humains, ou à Gravity quand il faut mettre un peu d’action. C’est le souci d’un film aussi impersonnel qui tente de trouver de l’innovation en synchronisant les plus grands succès SF de ces dernières années en autant de péripéties offertes à un spectateur qui n’a comme seul point d’ancrage un couple de stars hollywoodiennes ne sortant jamais un orteil de leur zone de confort. Bon, le vaisseau est joli et quelques visions spatiales impressionnent, mais il en faut plus pour me persuader que Passengers a vraiment quelque chose à me raconter.

Le souci de Passengers, ce serait donc son réalisateur Morten Tyldum, tâcheron pas déplaisant qui sait poser une caméra mais qui semble incapable de faire autre chose que de l’illustration de projets trop gros pour lui. De la même façon qu’il ratait à livrer un film aussi passionnant que la vie d’Alan Turing qu’il racontait dans Imitation Game, Tyldum passe ici complètement à côté de son high concept et peine à imposer le fatum inhérent de son histoire à des personnages assez transparents. Il se la joue plus soap que space opera dans un film oscillant tranquillement entre romance légère et catastrophe imminente, toutes les implications de l’hyper-sommeil se retrouvant balayées en quelques scénettes, comme si le sujet désespéré de Passengers était émoussé par le luxe attrayant de son vaisseau. Jusqu’à son épilogue expédié en vitesse lumière (mais qui permet à Andy Garcia de toucher son chèque en quelques secondes d’apparition !), Passengers est un film qui se laisse regarder puis s’oublier aussitôt à un rythme de croisière, laissant son spectateur dans une passivité visant sans doute à nous préparer à l’hyper-sommeil…

BASTIEN MARIE


2 réflexions sur “Passengers

  1. La bande annonce m’avait hypée (et plutôt pas mal), mais après avoir vu le film, ben… Déception. Mon enthousiasme à le démarrer est retombé plus vite qu’un soufflé au fromage sortant du four. Et pourtant, dès qu’il y a Jennifer Lawrence, il faut pas grand chose pour me contenter (depuis son passage dans Hunger Games, je suis faible voilà).
    Mais là, j’ai pas compris… Rien de space, comme tu dis, tout dans le soap (sans parler des personnages mono expressifs qui sont là juste pour encaisser leur chèque avec 6 zéros dedans).

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