Oppression

Shut In. Thriller franco-canadien (2016) de Farren Blackburn, avec Naomi Watts, Oliver Platt, Charlie Heaton et Jacob Tremblay – 1h31

Depuis le décès de son mari dans un accident de voiture, la pédopsychiatre Mary Portman vit seule avec son beau-fils Stephen, rendu paralysé par l’accident, dans un chalet du Maine. A l’approche d’une violente tempête de neige, Tom, l’un de ses jeunes patients auquel elle s’est attachée, disparaît aux alentours de sa propriété. En proie à des hallucinations causées par ses troubles du sommeil, Mary est bien décidée à retrouver le petit garçon…

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Mary (Naomi Watts) et le petit Tom (Jacob Tremblay), tous deux horrifiés de voir s’envoler leur carrière.

Oppression est le second long-métrage de Farren Blackburn, après le film médiéval au rabais Hammer of the Gods (2013) et surtout des épisodes de LutherDoctor Who et Daredevil. Il porte ici à l’écran le premier scénario de Christina Hodson qui eut l’honneur d’être blacklisté parmi les meilleurs scripts non réalisés de Hollywood. Une niche qui habituellement offre des films prometteurs, surtout lorsqu’ils sont soutenus par des stars (Naomi Watts) et de jeunes espoirs (Jacob Tremblay, le formidable gosse de Room). Sauf qu’en l’occurence, celui d’Oppression a été acheté par Europacorp, produisant le film entre le Canada et la France en visant naïvement le marché américain.

Après l’enfantin et consternant Ma vie de chat de Barry Sonnenfeld, c’est donc la seconde fois qu’Europacorp se plante royalement cette année avec cet inepte thriller psychologique. Dans une phase d’exposition qui dure plus d’une heure, Farren Blackburn nous endort dans les forêts enneigées du Maine (coucou Stephen King !) qui espèrent éventuellement citer Shining mais nous font plutôt penser à une confortable maison de retraite. Et pourtant, dans ce cadre idyllique, Naomi Watts a un problème : elle dort mal. Et joue guère mieux. L’occasion idéale pour le réalisateur de faire bouh ! à son spectateur dans des séquences de cauchemar voulant brouiller les pistes avec la réalité. Sauf que le procédé est tellement systématique que le spectateur, lui, veut plutôt qu’on lui dévoile au plus vite le fin mot de cette histoire bateau pour partir vaquer à ses occupations.

Je ne vais pas vous dévoiler le twist du film, de peur de gâcher la consternation qu’il provoque, mais je peux vous dire qu’il oscille entre triste banalité et tirage de cheveux de compèt’ ! Effrayé par la lisière du fantastique, Blackburn s’en tient à un aberrant premier degré et fait plonger ses personnages dans la stupidité la plus ahurissante. Y compris le pauvre petit Jacob Tremblay qui aurait pourtant fait un excellent garçonnet inquiétant et démoniaque (j’espère que ce n’est que partie remise). A peine a-t-on eu le temps de se demander ce que foutait l’indigent script dans la blacklist d’Hollywood qu’on se met à souhaiter qu’il y soit resté à jamais ! Le réalisateur a beau essayer de l’égayer avec des visions moins polies (que c’est trash ce plan sur Naomi Watts nue vomissant sa carrière dans les toilettes !), mais sa mise en scène uniforme ne saurait sauver aucun meuble. Et l’oppression du titre devenant celle du spectateur face à tant de nullité…

BASTIEN MARIE


Une réflexion sur “Oppression

  1. « Je ne vais pas vous dévoiler le twist du film, de peur de gâcher la consternation qu’il provoque »… Plussoyage x 1000. Consternation, c’est le mot. J’ai hésité entre pleurer des larmes de sang et rire devant tant d’absurdité (non parce qu’à ce niveau là, c’est presque de l’art quand même). Du coup, j’ai rigolé.
    Beaucoup.

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