Alliés

Allied. Film de guerre américain (2016) de Robert Zemeckis, avec Brad Pitt et Marion Cotillard – 2h

En 1942, le lieutenant colonel canadien Max Vatan est envoyé à Casablanca pour assassiner un ambassadeur nazi. Il est aidé dans sa mission par Marianne Beauséjour dont il doit prétendre être le mari. Une couverture qui leur convient si bien que les deux espions tombent amoureux et retournent à Londres se marier et fonder une famille. Mais quand les services secrets britanniques soupçonnent Marianne de travailler pour le compte des nazis, Vatan a 72 heures pour innocenter sa bien-aimée…

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Entre faire l’amour et la guerre, ils ont choisi : Max (Brad Pitt) et Marianne (Marion Cotillard) se font un pique-nique pépouze alors que Londres vient de prendre une pétée…

Après être revenu brillamment aux films live avec ses deux grandes réussites que sont Flight (2012) et The Walk (2015), Robert Zemeckis revient cette fois avec Alliés, thriller d’espionnage sur fond de Seconde Guerre mondiale porté par un couple très glamour, Brad Pitt et Marion Cotillard. Le divorce de l’acteur avec sa femme Angelina Jolie (la soupçonnait-il également d’être une nazie ?) aura servi de promo involontaire au film qui raconte pourtant une bien belle histoire d’amour.

Il ne vous aura pas échappé qu’à deux semaines d’intervalle sont sortis deux films sur la Seconde Guerre mondiale : Alliés évidemment, et Tu ne tueras point de Mel Gibson. Et curieusement, les deux films ont à cœur de s’ouvrir sur une nostalgique ambiance de films des années 1940, mais à des fins opposées. Si pour Gibson cette reconstitution cinéphile a pour but d’initier très tôt l’immersion du spectateur en collant au plus près à l’idéologie de l’époque, Robert Zemeckis use quant à lui de ces références (à Casablanca inévitablement, saupoudré d’un peu d’hitchcockerie) pour laisser de la distance au spectateur. Misant tout sur le glamour de ses stars et leur aura et en les plongeant dans un Casablanca de studios et de fonds verts dont on cache à peine l’artificialité, Zemeckis en met plein les yeux à son spectateur dans une reconstitution de l’époque qu’il veut moins réaliste qu’absolument hollywoodien. Une sorte de bling bling rétro qui annonce la virtualité du monde dans lequel vont évoluer Max et Marianne sans cesse exilés dans des pays peuplés d’espions aux identités et intentions incertaines. Pour nous attacher à ses personnages, le cinéaste les fait contraster avec leur environnement en insistant sur leur incarnation, à l’image de cette scène de sexe dans la voiture encerclée par une tempête de sable : comme souvent chez le réalisateur de Flight, l’effet spécial enrobe les personnages pour mieux mettre en valeur l’intimisme des enjeux du film.

Car celui d’Alliés est de savoir si l’amour est la seule valeur en laquelle peut croire le couple dans un monde divisé et rongé par les faux-semblants, un amour évidemment fragilisé par les soupçons des services secrets. Dès le retour en Angleterre, Zemeckis affiche cet enjeu amoureux du film, cherchant à construire un couple après avoir détruit celui que formaient Michelle Pfeiffer et Harrison Ford dans Apparences (que je pensais raté autrefois, mais que j’ai très envie de revoir à la lumière d’Alliés). Jusqu’au bout, le cinéaste se focalise donc sur ses tourtereaux jusqu’à reléguer la guerre à une toile de fond. De nombreuses fois, le conflit ne fait qu’effleurer les épisodes amoureux de Max et Marianne – dans des séquences qui restent spectaculaires, je vous rassure – mais Zemeckis s’amuse aussi à déplacer le suspens de son film dans des séquences a priori anodines. Une soirée entre amis peut ainsi devenir une haletante chasse aux espions dans une mise en scène alerte. Et le réalisateur est aidé en ce sens par son couple d’acteurs. Bon, Brad Pitt ne trouve pas son meilleur rôle et aurait pu franchement mieux bosser son français. Mais Marion Cotillard, elle, sur laquelle Zemeckis fantasme une nouvelle Marlene Dietrich, est impeccable, affinant sa figure de femme fantôme et insaisissable que lui a confié le cinéma américain, d’Inception à Minuit à Paris.

BASTIEN MARIE

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